SAY WHO ? LE BLOG ULTRA PARISIEN
Le choc Airnadette PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Vendredi, 02 Avril 2010 09:37

 

Y a des gens qui sont énervants. Des gens qui touchent grave. Des gens qui font des trucs ultra basiques, qu’on fait tous (en ricanant), qui ont l’air méga facile, sauf que quand ce sont eux qui le font, ça envoie tellement de bois que les associations écologistes s’inquiètent sérieusement pour les forêts.

L’exemple parfait : les Airnadette, alias le groupe du fake.

Pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance de les croiser sur une scène, ces fous dangereux forment un “air band” tout de faux vêtu, dont le but n’est autre que de nous divertir à l’aide de l’art désuet du mime, sur des tubes qu’on connaît tous. Brosses à cheveux en guise de micro, rien du tout en guise d’instruments, playback éhonté en guise de voix, leur truc, c’est de pantomimer. Un peu comme on fait tous à la maison ou en soirée quand on sent la vibe monter en nous, sur un riff envoûtant, surtout à 12 grammes (oui, je te parle à toi, qui ne peux t’empêcher d’abriter le ghost de Hendrix à la moindre note venue). Sauf que eux, ils le font limite mieux que quand ce sont les vrais musicos qui le jouent. Spé ? Carrément. Mais bluffant.

Des classiques d’Elvis au générique de Baywatch, de Jeanne Mas à Britney Spears, de Diam’s à Wolfmother, les über-allumés d’Airnadette s’emparent de la scène sans aucune légitimité, et la vraie claque, c’est qu’ils réussissent à nous foutre le feu flambant tout autant qu’un vrai groupe (enfin, un vrai bon groupe, du moins). C’est là toute leur blague - de circonstance pour un 1er avril : si au début, le spectateur normalement constitué est sceptique (”Vas-y, laisse tomber, ça va être rigolo 5 mn ta brosse à brushing dans la bouche, mais je crois que tu vas vite me saouler”), très vite, il est pris au piège. Il rigole, gigote, trépigne, se trémousse, s’excite, et à la fin du set, il est en transe, suant, sautant et hurlant, totalement inconscient que les mecs devant lui viennent de lui essorer la tête avec … rien. Ils peuvent même lui faire 5 fois la même chanson (”Lithium” de Nirvana), et les 5 fois, le public deviendra dingo.
Quand je vous disais que c’était énervant.

Hier soir au Bus, Gunther Love (champion du monde 2009 d’Air Guitar, tout en paillettes dorées), Château Brutal (l’Elvis ring’ et rouquin), Moche Pitt (l’alternatif rockeux), Scotch Brit (la poupée amerlock), Cristilla Cargoll (la frenchie eighties), Jean-Françoise (l’alcoolique dark rock) et M-Rodz (la rappeuse du ghetto, ma favorite), nous ont encore retourné la salle. Une soirée de stars  pour lancer leur prochaine offensive mondiale : une tournée aux States. Et ouais.

D’après nos correspondants en terre d’Amérique, les brosses à cheveux de New York et L.A. en chialent déjà.

Les veinardes.

Ici une vidéo qui en parle mieux que moi,

Et là un portrait du fascinant Gunther Love
Leur site : www.airnadette.com

 
CHACHA STRIKES BACK PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Mercredi, 24 Mars 2010 17:48



Il y a deux mois, les nuits parisiennes bruissaient de ce scoop juteux tombé comme un couperet : LE CHACHA VA FERMER … ! Ragot détonnant, scandale, indifférence, ricanement, lamentations, déformation d’info, nous avons au moins passé une semaine à nous refiler le potin de bar en club d’un air entendu. Les mots “drogue”, “police” et “mafia” dansaient la polka (on a même entendu un “Al Kaïda”, mais après vérification, l’informateur était bourré comme un coing).

Au final, rien de méchant n’est sorti des archives de la flicaille locale. Et le Chacha, après deux petits mois de “fermeture administrative”, renaît de ses cendres tel un Phoenix victorieux.

Le 1er avril, ce n’est pas une blague, notre Chachacha du Loup préféré (click here to sing) rouvre ses portes pour non pas une soirée mais trois jours de fête. Jeudi (presse), vendredi et samedi, le club félin de la rue Berger entend bien rattraper le temps perdu dans la débauche de fiesta en mettant les petits sets dans les grands.
Au programme : quelques changements d’agencement et de déco, des surprises, une quinzaine de Djs au taquet et un concert, avec bien entendu un bon vieil open bar et même de quoi grignoter.
Après, il repartira 6 jours sur 7 comme en 40. Comme quoi, même si Lenny a migré dans le Nord, on ne pourra pas dire que le bus a écrasé le chat. (… indulgence pour cette private vanne minable, je suis épuisée).

See you there, pour un premier avril truffé de poissons dans le dos coupe de champ’ à la main.

“Et le matou revient, le jour suivant, le matou revient, il est toujours vivant …” (click here to sing too).

www.chachaclub.fr

 
BUS PALLADIUM PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Mercredi, 24 Mars 2010 17:45

 

 

Hier soir, c’était l’opening officielle du Bus Palladium, alias la salle que même pas en rêve t’aurais choisie pour faire une soirée ces dernières années (s’il te plaît, ne mens pas).

Repris entre autres par Benjamin Patou, avec Cyril Bodin à la direction artistique (alias monsieur rock-électro-pêche-d’enfer-et-idées-canons), le Bus va peut-être nous faire migrer dans le nord - ce que n’a pas réussi à faire Moune, on ne va pas se raconter de salades.

Pourquio l’enthousiasme ?

D’abord parce que le lieu, et surtout son atmosphère : plusieurs étages, une déco vintage-chic, des espaces adroits (salon, resto, club, scène, chambrettes, fumoir, …), une ambiance maison de campagne classy où l’on croise ici un piano, là un papier peint bibliothèque ou fleuri, un flipper, un canap’, des tables dépareillés, un lustre, un backgammon, une guitare, un recoin sombre … Avec pour le détail des toilettes ayant leur propre programmation musicale, une baignoire en guise de lavabo (Le Derrière es-tu là ?) et des icônes religieuses appelant au recueillement sur le trône. Bref, un parfait achèvement de la tendance “comme à la maison” + “vintage dark” qui sévit avec bonheur depuis quelques années à Paris. Yummy.

Ensuite et surtout parce que la prog’ : le Bus était le repère sixties des fans de rock, il va le redevenir. Tous les soirs en salle, des concerts attendus, et au resto, un son concocté par Yarol Poupaud. On prévoit des soirées ultra rock bien entendu, des envies frenchy (plutôt original comme volonté, on a hâte de voir), du clubbing pur, du Nico Ullmann on stage … Plus de détails ici : www.lebuspalladium.com

Hier soir, c’était Louis Bertignac qui ouvrait le bal, crinière immaculée déchainée, foule transportée, talonné de près par les inénarrables Airnadettes, rois de la musique aérienne. Evidemment, tous les nocteux étaient là, de Rasmus à Harvey en passant par Yan Ceh, les rockeux aussi (Yarol, Eudeline, I am un chien, You! …), sans oublier quelques people perdus (M, Sacha Bourdau, Patrick Bouchitey, ou … Bernard de La Villardière, mais ouais gars, envoie).

On a bu, visité, dansé, chanté, rigolé, et en sortant, on était tout étonnés de se retrouver dans le 9e. Mais pourquoi pas, après tout. A suivre de près cet été.

 
Secret places to be, oh oui. PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Mercredi, 10 Mars 2010 14:58

 



Du côté de chez nous, on ne sait plus quoi inventer pour se sentir privilégiés.
Et déguster notre petit morceau d’exclusivité ds nantis, notre apanage very special people, ces prérogatives de bons Parisiens dans la vibe.

Parce que nous avons vécu ces dernières années notre nuit du 4 août : que sont nos privilèges devenus … ?
Scandale.

Le web a donné livre accès aux infos de la nuit au peuple.
Tout le monde, oui, même ceux qui n’en “sont” pas.
Pire, Facebook a créé ses events ouverts à tous vents, détaillant les lieux, horaires et dress-codes indoor des soirées cools à tous les ignares, petits nouveaux de la place et/ou beaufs parvenus, mettant ainsi en pleine lumière des évènements qu’il fallait auparavant se communiquer par téléphone (fixe, si on remonte loin), texto select, flyer rare ou murmures de conspirateur sous le manteau.
Pour parfaire le tableau, aucune barrière financière ne dissuade plus le curieux d’entrer quelque part quoiqu’il arrive, puisque les entrées de clubs ne plus payantes (enfin les bons clubs je veux dire, a priori les boites périmées de l’autoroute A13 font toujours payer 20€ le droit de séjour, un peu comme Starbucks qui persiste à faire payer le wifi - so 1993 or what ?!).

Bref. Face à cette globalisation du précieux, une résistance s’est formée : le Branché, le VIP et le Bourgeois se sont alliés pour retrouver leurs privilèges royaux. Des idées germent chaque jour dans leurs brainstormings pointus pour ne pas flancher face à l’invasion de la plèbe, afin que le snobisme persiste et signe dans la tourmente de l’invasion du peuple. Ils vaincront.

L’ambiance est aux Services Secrets de sa Majesté, et ça nous excite à mort.

Les physios ne suffisent plus à repousser l’envahisseur ? Qu’à cela ne tienne ! Inventons des lieux secrets. Une chambre avec code dans les arcanes de feu le Chacha (code vite cracké, projet vite avorté, but still), belle tentative des débuts.

Marmottons des mots de passe à l’entrée du bar clandestin du Fooding, ou des soirées épicées du Raspoutine.

Mieux, allons à l’Appartement d’André et Lionel (La Clique pour les ignorants), dont l’adresse est à peu près tue (…), pour des évènements improbables comme la Colette Gym Class demain ou l’aftershow d’Andrea Crews ce soir ! Ce sera tellement bien, on sera comme à la maison, entre vrais gens en somme.

Plus pointu encore ? Fonçons au Home Sessions Club, pour des concerts plus privilégié tu meurs. Le principe : un club de jeunes dirigeants, trendsetters et leaders d’opinion triés sur le volet, pour des concerts privés chez les uns les autres (dans leurs hôtels particuliers de St Germain ou du XVIe, donc), de jeunes groupes prometteurs. Chérot, obscur, délicieux, régi par un comité de sélection survolté. En deux mots, musicalement papesque.

Je vais à leur prochaine session bientôt, déguster sans vergogne un double live de The Rodeo et PacoVolume (trop bien). Juste avant, je serai passée comme une princesse boire un verre à l’Appartement. Pour juste après, en revanche, je suis un peu emmerdée, parce que je n’ai d’autres choix que d’aller au Baron ou autre club normal où l’entrée n’est régie ni par une énigme, ni par une épreuve de force, ni par un mot de passe à traduire du mandarin, ni par un badge ultra relou à obtenir, ni par une formule magique à taper de mes talons sur le trottoir sous forme de morse, et dont la porte ne se situe pas sous la Seine accessible par sous-marin nucléaire.Ca me laisse perplexe, du coup. Autant rentrer à la maison direct après, si c’est pour s’amuser aussi peu. Allez cocher, au château, et vite.

Mise à jour le Mercredi, 10 Mars 2010 15:44
 
Knit ta mère PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Vendredi, 05 Mars 2010 11:57

 



Comme l’expliquait les Inrocks la semaine dernière, le rap commence à avoir ses “vieux”, à l’instar du rock avec ses Rolling Stone ou autres Dylan (oui, bientôt, Kool et Joey te demanderont qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu aux Hespérides, et de ne pas laisser traîner ton arrière-petit-fils si tu veux pas qu’y glisse).

Au delà du flow, la culture des rues est tellement devenue une vieille dame incontinente que, ô stupéfaction atterrée, le graff s’est exposé avec panache et honneurs dans des vieux musées parisiens l’année dernière, en mode “le tag fait partie de notre identité nationale”. Au même titre que les fort respectables rois de l’histoire de l’art. N’importe quoi. Un “Paris sous les bombes” avec bénédiction de l’Etat, en somme.

Tout ceci nous fout un putain de coup de ieuv’ (dit la bourgeoise sur un ton de caillera, au top de sa crédibilité).

Heureusement, parce que certains ont de l’humour, il existe des formes de désobéissance urbaine complètement barrées, promptes à renouveler les formes de street art. Des avatars de graffitis plus décalés tu meurs. Vous connaissiez depuis toujours le génial Space Invader, dont j’affectionne tout particulièrement les petits fantômes Bubble Bobble vers chez moi, ou l’éternelle Miss Tic, et découvriez récemment le brésilien Rodrigo Pereira et se trips Playmobil. Mais il y a plus barj.

 


Ce post est né de l’envie de parler d’un street art sans peinture ni mosaïque, un rebel power à la fougue folle, un truc au delà du réel qu’on aimerait voir fleurir bien plus souvent dans Paris ou New York, un vrai truc de psychopathe. Ah non pardon, de “tricopathe” …

Le « tricot street art », c’est la violence d’une paire d’aiguille brandie contre la ville, le trash de fausses crottes de chien en laine, l’érotisme de statues en bikinis colorés, la force de bannières au point mousse qui vous parlent au milieu du bitume, le Knitting Power en bandoulière, bref, c’est la fusion improbable entre les fans de Derrick et la crème de la branchitude créative, teintée d’un crossover inédit de Miss Marple aux crews du ghetto. C’est absurde, drôle et joli. Je surkiffe et signe.

Ces attentats textiles sont signés par le CFT (Collectif France Tricot), et il existe même un livre avec leur meilleurs coups (à voir ici).

Le rap et le graff ont peut-être leurs vieillards, mais comme les hobbies de vieux semblent exciter les jeunes, quelque part, ça compense.
Alors le jeune (ou LA jeune, parce qu’on se doute bien que les mecs y verront quand même un truc de pure gonzesse), knit ta race, et les moutons laineux seront bien gardés.
Yo.



 

 


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