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ÊTRE PARISIEN(NE) ET PARTIR EN WEEK-END PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Jeudi, 12 Novembre 2009 20:44



Bien que fou amoureux de sa ville, le Parisien adore s'en échapper de temps à autre pour pratiquer cette douce habitude qu'est le Weekending. Destinations, partenaires et contextes : découvrez tous les secrets des fuites de capitaleux en fin de semaine.


Comme nous l'avons vu dans la Leçon N°3 : Être Parisien(ne) le dimanche, les Parisien(ne)s trouvent toujours moult activités improbables à pratiquer lors de leurs fins de semaine "in town". Cependant, de temps en temps (et le plus souvent possible, si possible), l'un de leurs sports favoris est le Week End Ailleurs ... Un sport que  pratiquent rarement les provinciaux, à en croire les voyagistes : vous noterez que les promos week-end ne proposent que Paris comme ville de départ (si vous habitez Reims ou Brive la Gaillarde, vous n'avez donc pas le droit de vous barrer en fin de semaine, et pis c'est tout).

L'habitant de la plus belle ville du monde serait-il infidèle à sa chère bourgade ? Aurait-il oublié que le samedi et le dimanche, il est souvent censé travailler et fréquenter son réseau ? Ou, pire, chercherait-il le repos dans sa vie turbo-stressante ? Vous-même, que faire et où partir si vous souhaitez (ou pas) ressembler aux Parisiens typiques ? Nous avons étudié ces fascinantes et insondables questions pour vous.

... Chut, ne dites rien, les mots sont inutiles.



√ POURQUOI LE PARISIEN ADORE PARTIR EN WEEK-END

Vous le savez bien, dans sa vie de fou dangereux, le Parisien ne connaît pas le repos. Entre boulot et métro, apéro et resto, clubbing et shopping, cet être survolté ne se pose jamais plus d'une minute sans subir une crise d'angoisse carabinée. C'est pourquoi on entend si souvent les mots "Ah non, samedi je peux pas, je serai pas à Paris", ou encore, "Le week-end du 12 ? Désolée, je serai à Courchevel" ... ? Oui, l'habitant du 75 se doit de se barrer régulièrement ailleurs le week-end afin de "s'aérer". Il est obligé, malgré sa passion dévorante envers sa chère cité, de faire croire qu'il en a "marre de cette ville de fous", "besoin de prendre l'air", voire même, s'il n'a pas peur du ridicule, "se reconnecter avec la nature" (rires énormes). En réalité, certes, il aime aller voir la montagne ou la mer (de temps en temps, pas trop longtemps), mais surtout, il adore s'exporter pour retrouver sa ville chérie en rentrant, avec moult soupirs de soulagement. Et aussi, se taper les infâmes embouteillages du dimanche soir, signe que la sacro-sainte semaine recommence le lendemain. Cet être pétri de contradictions aime aussi partir en week-end parce que forcément, se taper un long aller-retour en deux jours, pour en profiter un maximum sur place, demande de l'organisation, de l'énergie, de la schizophrénie et une sacrée dose de stress - autrement dit, tout ce qui le maintient en vie. Le weekending entretient donc les douces névroses de notre ami local, et ça, c'est drôlement bon.

 

√ AVEC QUI LE PARISIEN PART-IL EN WEEK-END ?

Ca dépend. Mais globalement, il existe 4 cas de figures incontournables pour ces fins de semaine bucoliques ou supra-urbaines :

1. Le week-end love
= Le préféré des Parisien(ne)s. Souvent en surprise ou sur un coup de tête. Nouvel amour, début d'un couple ou anniversaire de mariage, les amoureux parigots ADORENT se barrer toutes les 5 minutes en week-end pour forniquer dans des lieux romantiques, s'enivrer de vins étrangers et s'oublier dans des rues inconnues. Restos aux chandelles, marathons de l'amour en chambre d'hôtel (voire sexe sauvage en forêt), visite d'expo hypissime (qui arrivera bientôt à Paris, mais c'est tellement plus classe de la voir à la Tate Modern), ils aiment hanter Deauville, Honfleur, Marrakech, Rome ou Londres avec acharnement et élégance en même temps. Absolument essentiel à votre vie amoureuse.

2. Le week-end potes
= Partir en bande. Plus rarement sur un coup de tête et généralement sur des dates classiques (genre les ponts de mai ou le 15 août). Camping quand on est jeunes, hôtels ou résidences secondaires quand on est adultes, voire riads quand on est vieux, le week-end entre copains est un bonheur à savourer de temps en temps (bien que moins fréquemment qu'en couple). Avec ou sans moitiés, avec ou sans enfants, les Parisiens aiment partir à la campagne ou à la mer ensemble, essentiellement pour boire, manger et faire la teuf. Moins d'expos et de restos qu'entre amoureux, plus de barbecues, cuites nucléaires, enterrements de vie de garçons/filles, festivals musicaux (Sziget à Budapest, Calvi à Calvi ...) et balades saouls à poil dans la forêt (enfin, ça peut arriver). Ils aiment aussi beaucoup faire ça l'hiver, pour faire duski entre deux grosses semaines de boulot. Les plus sportifs (qui n'ont peur de rien), sous leurs dehors underground-anti-fashion-style, partent carrément en camping-car (!) faire du surf dans le sud-ouest. Sympathique.

3. Le week-end famille
= Partir avec sa tribu, ou belle-tribu. Généralement à Noël ou à Pâques, plutôt pour les Parisiens pourvus d'enfants (les nullipares ayant l'habitude d'esquiver habilement ce genre de rendez-vous sous prétexte de boulot débordant). On y mange beaucoup, on y boit aussi, on se dispute et on s'aime. Très français. Très sympa. Très fatigant.

4. Le week-end "poète maudit"
= Partir seul, pour "travailler sur son projet". Comme tout bon Parisien, vous composez de la musique ou écrivez un scénario ? (Variantes : un roman, des chansons, de la peinture ...).Alors n'hésitez pas à partir seul dans la maison de famille ou à l'hôtel dans un bled maritime un peu paumé (= plus Etretat que Deauvaïle) afin de bosser tranquillement tel un artiste solitaire. C'est très efficace, et surtout très classy. Dites-le bien à tout le monde, surtout, sinon ça ne sert à rien de le faire.


√ OU PRATIQUER LE WEEK-END À LA PARISIENNE ... ?

A force de fréquenter les locaux, vous saurez vite où et quand partir pour leur ressembler. En attendant, voici les principes de base pour vous lancer.

- Les incontournables
Vous connaissez bien le problème global du Parisien : il "déteste faire comme tout le monde", mais n'aime que les endroits où tous les autres vont (pour y faire ce que tous les autres y font). Du coup, côté clichés du week-end, en tant que Parisien 100% pur style, vous n'échapperez sous aucun prétexte à :
Deauville (été, hiver, en couple, entre amis, seul, avec votre patron ou votre animal de compagnie), ainsi que Honfleur (plutôt en plan love) et toutes leurs autres copines normandes
Courchevel (ou tout autre station de ski fréquentable)
Biarritz (en effet, ça fait loin pour un WE, mais vous êtes un gueudin du surf, un ouf de la vague, une tarée de la glisse)
Londres (TRÈS important, à pratiquer au moins trois fois par an)
L'Espagne (où vous voulez, mais de préférence Barça et Formentera)
Berlin (surtout si vous n'avez pas fait Allemand deuxième langue, et encore plus si vous êtes gay)
Calvi (pour le festival évidemment)
Cannes (cinéma ou pub, choisissez votre camp, mais cinéma c'est mieux)
Important : pour tous ces lieux, atrocement convenus, n'oubliez jamais de dire que ça vous saoule d'aller là-bas parce que vous y rencontrez du monde tous les deux pas, mais que votre chéri(e)/pote/boss a insisté. Ou que vous y avez une baraque, alors autant en profiter. Ou que même si c'est dépassé, vous "adorez cet endroit où vous avez tant de souvenirs".



- Toujours tendance : les autres capitales
Evidemment. Quand on vénère Paris (ou que Paris nous vénère, au sens verlan du terme, haha, humour), les seules autres villes qui supportent éventuellement sa comparaison sont les autres capitales branchées du monde. Si, en plus, elles ne sont pas trop lointaines, elles font alors de parfaites destinations de fin de semaines où s'amuser un peu, et surtout se blinder l'agenda à fond (= en deux jours, 4 restos, 7 bars, 8 balades et 19 expos).
Lieux types : Londres (en Eurostar, l'avion étant devenu ultra has-been pour cette destination), Berlin(en hypisation continue ces dernières années), Bruxelles (pour certaines expos, les meubles vintage et la vieille ville), Amsterdam (non plus pour le shit ni les putes si vous avez plus de 25 ans, mais pour les bars et la vie culturelle intense), Madrid (et même Barcelone, comme capitale de la Catalogne, de la teuf et des musées), RomeBudapest ... Et, même si ce n'est pas une capitale au sens officiel du terme, Marrakech, où il est de bon ton d'avoir un ami qui possède un riad. Enfin, pour occasion exceptionnelle, bien sûr, New York. La reine de toutes, qui malgré les rumeurs ne perd rien de sa superbe ni de sa hypitude maximale.
Timing recommandé : Ca dépend de votre budget. Mais une fois par mois, c'est le top.
A noter : si vous voulez être au sommet du trendy, il serait également de bon ton d'aller passer trois jours dans une capitale peu commune et quasiment hypothétique, à placer sans ménagement dans une conversation qui n'a rien à voir. Vous pouvez démarrer soft avec un léger "Le week-end du 17 ? Ah non, désolé, je serai à Varsovie". Puis monter la sauce avec carrément : "Tiens, c'est marrant que tu parles de vodka, justement, le week-end prochain, je pars à Minsk" (ou Ljubljana, ça marche aussi).


- Joliment tradi : la maison de campagne
Quand vous étiez petits, être obligé de passer le week-end avec vos parents à la campagne (pendant que vos potes s'éclataient au Mac Do, au ciné et aux Planches) vous remplissait d'indignation et de honte. Aujourd'hui, vous adorez. Avoir une maison "de famille" au bord de la mer ou à la campagne, c'est très beau, et ça vous pose son Parisien mieux qu'un café crème en terrasse. Vous aimez parler de son calme, son jardin, sa cheminée, sa vieille bibliothèque, et la petite place du village tout proche, où vous vous rendez à vélo pour acheter vos huîtres et une baguette (non, vous n'évitez aucun cliché, c'est ça qui est bon). Vous y avez tellement de souvenirs ... Soupir mélancolique.
Lieux types : la Normandie (évidemment, Trouville en tête - encore plus mieux que Deauville -, mais aussi Etretat, Cabourg - où vous passez le 31 décembre avec le Baron - ou encore Honfleur et même Houlgate), la côte Atlantique (Ile d'Yeu, St Gilles, Ile de Ré, la Baule, Quiberon, Royan ...), la France profonde (un peu partout où il y a plus d'animaux que d'êtres humains et où le wifi a du mal à pénétrer, avec Jura, Creuse et Corrèze pour les plus motivés).
Timing recommandé : une fois tous les deux/trois mois environ. Souvent l'été, mais aussi le 11 novembre, le 31 décembre (ouais, comme un gros rebelle qui n'aime pas les fausses fêtes imposées par le calendrier), et les week-ends de mai bien sûr. Ou, pour être dingo, une date totalement insipide et inattendue (ex : "Je passe toujours le dernier week-end de février à Houlgate, c'est une tradition pour moi").



Voilà, vous savez tout sur le week-end parisian staïle. Il ne vous reste plus qu'à trouver un(e) chéri(e), des amis, et surtout, des sous (plein) pour pouvoir vous entraîner. Bonne fin de semaine !


 

Mise à jour le Jeudi, 24 Décembre 2009 10:12
 
ÊTRE PARISIEN(NE) À L'ÉTRANGER PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Mercredi, 11 Novembre 2009 19:15

 

Que ce soit en France (dite "province") ou à l'étranger, le Parisien hors de son terroir développe une réaction étrange, certainement de défense, qui l'enclint naturellement à exacerber ses caractères naturels afin de mieux marquer son territoire nouveau. Autrement dit, loin de chez lui, il est encore pire. Vous partez en vacances ? Epatez donc vos amis en jouant au Parisien exilé !
Voilà une leçon qu'elle est importante (en même temps, vous vous en doutez, elles le seront toutes). Ce n'est pas à l'étranger que le Parisien et la Parisienne sont le plus déroutants, aussi commencerons nous par là pour ne pas trop effrayer le lecteur. La France (dite "province") viendra plus tard, quand vous serez un peu habitués au caractère particulier - mais si attachant ! - de l'espèce qui nous occupe.
RÈGLE N°1 : UNE ADORABLE FATUITÉ
Pour devenir un(e) parfait(e) Parisien(ne) à l'étranger, vous devez maîtriser quelques réflexes essentiels. Dont la fatuité est la colonne vertébrale.
D'abord, si l'on vous demande d'où vous venez, ne répondez surtout pas "De France" - ce serait est vulgaire et hors de propos. Répondez naturellement "De Paris" (un pays en soi, pour vous).
Ensuite, lorsque votre interlocuteur s'extasiera sur votre ville (le pauvret, lui qui n'a pas eu la chance d'y naître et est obligé de vivre à New York / Londres / une île sublime de l'océan Pacifique), rengorgez-vous avec l'humilité d'une Paris Hilton sur le tapis rouge et acquiescez à tout ce qu'il dit concernant la capitale française. Même si c'est faux. Tant que c'est glorieux et enviable. Car hélas, il se trouve que si le Parisien est insupportable, force est de reconnaître que certains l'encouragent ! A l'étranger, nombreux sont les inconscients qui lui parlent de sa hometown avec admiration, affection, envie et bave aux coins des lèvres. Un peu comme un bel homme à qui toutes les femmes ont répété qu'il était sublime, le Parisien enregistre ces compliments répétés constamment et n'en devient que plus fier de son identité. Il faut faire avec. Soupir.
Ainsi, pour être un(e) parfait(e) Parisien(ne) à l'étranger, je vous le répète encore : vous êtes amoureux de votre ville, c'est la meilleure du monde. Elle est la pierre angulaire de la planète Terre, son centre, son coeur qui bat, sa perle andalouse. Quiconque prétendant le contraire mérite la pendaison par la langue.
RÈGLE N°2 : UNE CHALEUREUSE CRITIQUE
Le Parisien est très heureux de partir en vacances ! A l'étranger. Dans ces merveilleuses contrées. Ces magnifiques pays. Mais ... Mais mais mais. Il n'est jamais vraiment satisfait, et n'hésite pas à l'exprimer avec cette chaleureuse franchise qui lui est coutumière. Voici comment.
Si vous faites du tourisme, n'hésitez pas à comparer les merveilles que vous voyez aux richesses de votre cité adorée. En dénigrant subtilement, bien entendu. Le Taj Mahal est joli, mais moins beau que Versailles, il faut bien le dire. Les boutiques londonniennes sont ultra cools, mais ça ne vaut pas le Haut Marais, soit dit entre nous. Le Metropolitan Museum, le Prado ou les musées italiens vous bouleversent, mais tout de même, moins que le Louvre. Et la bouffe, c'est amusant un temps, mais pardon, le pad thaï comparé aux merveilles de votre mère, laissez-moi rigoler. Vous avez saisi le système. Attention ! Tout ceci doit bien sûr rester courtois, aimable et débordant d'une gentille curiosité face aux maigres richesses culturelles locales. Après tout, on n'est pas des chiens (malgré cet agaçant couplet de l'enfance martelant "Parisien, tête de chien" que vous n'avez d'ailleurs jamais compris).
Autre détail du Parisien en vacances (peut-être même du Français en général, mais ne mélangeons pas les torchons avec les serviettes), n'hésitez pas à souvent user de la phrase : "Avec le prix qu'on paie, ils pourraient tout de même ...". C'est très stylé, et peut être utilisé à peu près à toutes les sauces : "Avec le prix qu'on paie, ils pourraient tout de même ... servir des trucs corrects à manger / faire la chambre trois fois par jour / avoir des trains à l'heure". La science n'a pas encore su expliquer pourquoi, mais le Parisien aime à employer cette joyeuse formulation lors de ses déplacements. Placez donc la adroitement à quelques reprises afin de bien affirmer votre appartenance à la ville lumière.
Enfin, détail qui a son importance, râlez dans l'avion du retour sur le temps pourri qui vous attend à Paris, le travail, les embouteillages, la pollution, MAIS soupirez d'aise à l'idée de retrouver votre home sweet home ! Parce qu'il n'y a que là qu'on sache vraiment vivre, en somme ...
Bonnes vacances !
Dans la même catégorie, retrouvez bientôt :
- Être Parisien(ne) en "province"
- Être Parisien(ne) en week-end
- Être Parisien(ne) sans vacances




Que ce soit en France (dite "province") ou à l'étranger, le Parisien hors de son terroir développe une réaction étrange, certainement de défense, qui l'enclint naturellement à exacerber ses caractères naturels afin de mieux marquer son territoire nouveau. Autrement dit, loin de chez lui, il est encore pire. Vous partez en vacances ? Epatez donc vos amis en jouant au Parisien exilé !


Voilà une leçon qu'elle est importante (en même temps, vous vous en doutez, elles le seront toutes). Ce n'est pas à l'étranger que le Parisien et la Parisienne sont le plus déroutants, aussi commencerons nous par là pour ne pas trop effrayer le lecteur. La France (dite "province") viendra plus tard, quand vous serez un peu habitués au caractère particulier - mais si attachant ! - de l'espèce qui nous occupe.


RÈGLE N°1 : UNE ADORABLE FATUITÉ

Pour devenir un(e) parfait(e) Parisien(ne) à l'étranger, vous devez maîtriser quelques réflexes essentiels. Dont la fatuité est la colonne vertébrale.

D'abord, si l'on vous demande d'où vous venez, ne répondez surtout pas "De France" - ce serait est vulgaire et hors de propos. Répondez naturellement "De Paris" (un pays en soi, pour vous).


Ensuite, lorsque votre interlocuteur s'extasiera sur votre ville (le pauvret, lui qui n'a pas eu la chance d'y naître et est obligé de vivre à New York / Londres / une île sublime de l'océan Pacifique), rengorgez-vous avec l'humilité d'une Paris Hilton sur le tapis rouge et acquiescez à tout ce qu'il dit concernant la capitale française. Même si c'est faux. Tant que c'est glorieux et enviable. Car hélas, il se trouve que si le Parisien est insupportable, force est de reconnaître que certains l'encouragent ! A l'étranger, nombreux sont les inconscients qui lui parlent de sa hometown avec admiration, affection, envie et bave aux coins des lèvres. Un peu comme un bel homme à qui toutes les femmes ont répété qu'il était sublime, le Parisien enregistre ces compliments répétés constamment et n'en devient que plus fier de son identité. Il faut faire avec. Soupir.

Ainsi, pour être un(e) parfait(e) Parisien(ne) à l'étranger, je vous le répète encore : vous êtes amoureux de votre ville, c'est la meilleure du monde. Elle est la pierre angulaire de la planète Terre, son centre, son coeur qui bat, sa perle andalouse. Quiconque prétendant le contraire mérite la pendaison par la langue.




RÈGLE N°2 : UNE CHALEUREUSE CRITIQUE


Le Parisien est très heureux de partir en vacances ! A l'étranger. Dans ces merveilleuses contrées. Ces magnifiques pays. Mais ... Mais mais mais. Il n'est jamais vraiment satisfait, et n'hésite pas à l'exprimer avec cette chaleureuse franchise qui lui est coutumière. Voici comment.

Si vous faites du tourisme, n'hésitez pas à comparer les merveilles que vous voyez aux richesses de votre cité adorée. En dénigrant subtilement, bien entendu. Le Taj Mahal est joli, mais moins beau que Versailles, il faut bien le dire. Les boutiques londonniennes sont ultra cools, mais ça ne vaut pas le Haut Marais, soit dit entre nous. Le Metropolitan Museum, le Prado ou les musées italiens vous bouleversent, mais tout de même, moins que le Louvre. Et la bouffe, c'est amusant un temps, mais pardon, le pad thaï comparé aux merveilles de votre mère, laissez-moi rigoler. Vous avez saisi le système. Attention ! Tout ceci doit bien sûr rester courtois, aimable et débordant d'une gentille curiosité face aux maigres richesses culturelles locales. Après tout, on n'est pas des chiens (malgré cet agaçant couplet de l'enfance martelant "Parisien, tête de chien" que vous n'avez d'ailleurs jamais compris).

Autre détail du Parisien en vacances (peut-être même du Français en général, mais ne mélangeons pas les torchons avec les serviettes), n'hésitez pas à souvent user de la phrase : "Avec le prix qu'on paie, ils pourraient tout de même ...". C'est très stylé, et peut être utilisé à peu près à toutes les sauces : "Avec le prix qu'on paie, ils pourraient tout de même ... servir des trucs corrects à manger / faire la chambre trois fois par jour / avoir des trains à l'heure". La science n'a pas encore su expliquer pourquoi, mais le Parisien aime à employer cette joyeuse formulation lors de ses déplacements. Placez donc la adroitement à quelques reprises afin de bien affirmer votre appartenance à la ville lumière.

Enfin, détail qui a son importance, râlez dans l'avion du retour sur le temps pourri qui vous attend à Paris, le travail, les embouteillages, la pollution, MAIS soupirez d'aise à l'idée de retrouver votre home sweet home ! Parce qu'il n'y a que là qu'on sache vraiment vivre, en somme ...


Bonnes vacances !

 

 

Mise à jour le Jeudi, 24 Décembre 2009 10:12
 


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