ÊTRE PARISIEN(NE) EN SEMAINE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Lundi, 08 Février 2010 21:19

 

On ne va pas se mentir : si vous souhaitez réellement obtenir votre passeport de la ville, vos semaines risquent d'être sévèrement chargées, compliquées, mouvementées, mais aussi, dieu merci, passionnantes et colorées. Du lundi au vendredi, découvrez tout ce qui fait le sel (et surtout le poivre) du quotidien des habitants de la Ville Lumière. Une fois de plus, bon courage.


Le Parisien, en semaine comme en week-end, a une règle majeure : surbooker son agenda jusqu'à ce qu'il explose. C’est la base de tout.

La journée parisienne se découpe en temps bien définis selon ses activités principales. Bien entendu, nous ferons ici des généralités sans prendre en compte certaines particularités (ex : si vous êtes commerçants, vous ne travaillez pas le lundi mais le samedi, si vous êtes femme au foyer, vous n'allez pas au boulot mais bossez comme une esclave à la maison, si vous êtes publicitaire, vous ne commencez pas vos journées à 8h30 mais à 11h, si vous êtes étudiants, vous ne commencez pas vos journées du tout, etc).


Le café du matin : une délicieuse tradition

En semaine, aussi cliché que cela puisse paraître, vous devrez absolument prendre un café dans un bistrot le matin. Avec ou sans croissant (les Parisiens font attention à leur ligne mais restent de fabuleux épicuriens), avec ou sans clope (ce qui en ce cas vous condamne à la terrasse, et c'est parfait), il est de bon ton de faire un stop entre chez vous et le bureau dans votre « café du coin » pour le premier contact de la journée avec votre ville chérie.

Lors de cet instant magique et privilégié, le mieux est d'être seul. Cela étant, vous avez parfaitement le droit de boire votre café du matin avec votre amour, vos amis ou - parisien à mort - un rendez-vous boulot. J'ai personnellement testé un paquet de "petits-dèjs" avec des attachés de presse, et apparemment, ça n'a rien d'étrange.

Bien entendu, pour faire couleur locale, vous y lirez le journal (Libé ou le Parisien, voire le Monde si vous souhaitez vous la jouer un peu) tout en consultant vos mails (sur iPhone ou Blackberry), et en regardant nonchalamment les passants - pour cela, vous aurez pris soin de vous placer soit en terrasse, soit tout proche de la vitre. Vous êtes motivé ? Alors à vous le sacro-saint zinc, le divin comptoir, bref, la Mecque du bar. Promis, avec un crème, un journal, un Blackberry et le comptoir, vous serez plus Parisien que Bertrand Delanoë lui-même. Bertrand qui d'ailleurs, pratique cette coutume tous les matins au bar en face de l'Hôtel de Ville, comme quoi dans ce bouquin je ne raconte pas que des absurdités sorties de mon cerveau malade.


La "journée au boulot" : une notion bien floue

Dans toute la France voire le monde entier, les gens vont au boulot dans la journée (sauf exceptions nocturnes et chômeurs). Comment le Parisien se distingue-t-il, alors, de ses pairs ... ? Facile : il choisit des métiers à l'agenda aléatoire ! Ne supportant pas la routine, la normalité, en un mot la banalité (et aussi, accessoirement, évitant de travailler en usine), le Parisien a su créer un paquet de métiers dits "créatifs" dont l'agenda ne répondait en rien à un pointage quotidien insupportable. Pour être un parfait Parisien, vous devrez donc choisir une profession en free-lance, où vous serez votre propre maître (et pourrez donc totalement choisir vos horaires), ou un métier flexible et virevoltant dans son emploi du temps. Par exemple : comédien, chanteuse, écrivain, peintre, danseuse, cinéaste, graphiste, producteur, politique, entrepreneur, directrice artistique, journaliste, webmaster ... Bref, tout ce que votre oncle (boucher dans l'Oise ou expert-comptable à Moulins) appelle des "métiers de feignants". Ce en quoi il se trompe, car à force de n'avoir ni horaire, ni séparation nette entre loisirs et travail, les Parisiens à métiers créatifs perdent la tête et travaillent en permanence. Je vous dis ça, je sais de quoi de parle, puisqu’on est dimanche, qu’il est 13h17 et que je turbine sur ce livre comme un hamster dans sa roue pendant que les gens normaux se baladent au soleil. Tout va bien.

Vos journées, avec ces métiers, auront donc des horaires étranges, mais seront tout de même ultra remplies. Commencer à bosser tard veut dire finir tard, ne rien avoir de fixe veut dire être ultra disponible, et si vous travaillez où vous voulez, vous jonglerez entre chez vous, un local de boulot, des cafés et 17 rendez-vous différents (dont deux déjeuners) dans la journée. Ou la soirée ...


La soirée parisienne : un marathon divertissant

Après cette journée floue mais éreintante, loin de vous l'idée d'aller vous faire tranquillou un plateau télé avec votre amoureux(se) pour ensuite vous coucher béatement à 22h. Laissez-moi rigoler. Le soir, petits veinards, votre seconde journée commence ! Et je ne parle même pas de celle qui concerne votre maison et vos enfants.

Après le travail, vous allez, dans le désordre : vous faire un vernissage, rejoindre des amis à un apéro, vous coltiner un dîner de boulot et/ou d'amis (souvent, les Parisiens mélangent les deux, comme dans la journée, il n'y a pas vraiment de frontière), faire des retouches sur un travail, prendre un verre avec une copine, aller voir le dernier Tarantino, passer au lancement du roman de votre ami d'enfance, transpirer au concert du groupe de votre ex, enfiler des coupes dans votre club favori, draguer, vous faire draguer, faire l'amour et/ou vous disputer avec votre chéri(e), mater un ou deux épisodes de Big Bang Theory, lire quelques pages d'un super bouquin ... Liste non exhaustive. Je suis fatiguée rien que de l'avoir écrite.




Bon à savoir : les jours-types

Attention, apprentis Parisiens ! Lors de votre semaine locale, même si vous avez compris pouvoir tout faire à foison, sachez qu'il y a quelques règles à respecter, des "do's" et "dont's" selon les jours de la semaine. Démonstration.


- Le lundi et le mardi, contrairement à ce qu’on nous enseigne depuis l’enfance, sont des jours merveilleux. En effet, plus ou moins reposé de son week-end (car le samedi soir, à Paris, on ne sort pas), le Parisien est presque frais et dispo, et sait, surtout, que ces deux premiers soirs de la semaine sont riches en évènements de connaisseur. Car oui, le lundi et le mardi soirs, aussi surprenant que cela puisse paraître à la plèbe, ce sont les meilleurs soirs pour sortir à la parisienne, tout en hypitude et délicatesse ! Généralement, ce sont ces jours-là qu'auront lieu des lancements de clubs (comme le Scopitone en octobre dernier), des avants premières de cinéma (le mardi), des concerts de jeunes groupes prometteurs (au Baron le lundi), du clubbing calme entre vrais habitués (tous les clubs branchés ouvrent en début de semaine et y passent leur meilleure musique), ou même des évènements majeurs (lancement de la tequila Blitz au Cercle) ... Il flotte ces soirs-là une ambiance détendue que partagent les experts avec délectation.


- Le mercredi est un jour plutôt facile à maîtriser, puisque vous pouvez y faire pas mal de choses (dîners entre amis, clubbing, théâtre, restos en amoureux, vernissages de la Fiac ou Paris Photo, etc). Sauf une, formellement interdite : le cinéma. Et oui malheureux, c'est le jour de sorties des films ! Il est donc totalement plouc d'aller au ciné ce soir-là, sous peine de ressembler au commun des mortels et de faire la queue comme des sardines dans des salles vulgairement peuplées. Bien entendu, vous avez le droit, en revanche, d'aller voir la première séance de la journée à 11h du matin : là, non seulement c'est différent, mais en plus, c'est assez classe ("Le dernier Lynch qui sort ce soir ? Ah non, désolée, je l'ai vu ce matin"). Enfin, c'est du moins le dernier recours si vous n'avez pas vu ledit film en avant-première ou en projection privée et/ou presse.


- Le jeudi, c'est l'infarctus-day ! Jour le plus fou de la semaine, le jeudi est généralement surchargé de vernissages, apéros et soirées en tous genres. Les clubs proposent des millions de fêtes (Djs déments, thèmes dingues, évènements surplanétaires type "Le Bal des Vampires" pour les 5 ans du Baron), les galeries se trémoussent en tous sens pour leur openings d'expos, les bars se démènent pour vous attirer en première partie de soirée comme s'ils étaient soudainement devenus des clubs ... Un conseil : évitez soigneusement d'organiser des dîners ce jour-là, même par provocation branchouille. Les gens seront très embêtés de venir au vu de tout ce qu'ils pourraient potentiellement rater, et pourraient vous planter. Deuxième conseil : préparez soigneusement votre feuille de route pour la soirée. Passer d'un vernissage à l'opening d'une boutique pour ensuite enchaîner sur un évènement arty puis deux soirées clubbing plus un anniversaire, ça peut vite devenir compliqué. Mais bon, que voulez-vous, c'est jeudi, c'est la folie.


- Le vendredi est un jour assez bâtard. A cheval sur la semaine et le week-end, on ne sait jamais s'il faut ou non sortir ce soir-là. Généralement, on est déchiqueté par le travail effectué durant la semaine, combiné à toutes les soirées (l'usage étant de sortir 3 soir sur les 4). De plus, si vous avez bien joué votre jeudi soir, vous avez dormi deux heures et envie de vomir au moindre déplacement de votre pauvre tête. Et la fatigue n'est pas le seul problème : sans être aussi ringard que le samedi, le vendredi soir souffre d'une image un peu attendue pour tout ce qui est des sorties. Genre : "C'est férié demain, donc grosse teuf ce soir". Vous connaissez les paradoxes snobisants du Parisien. Si toute la France est tentée de sortir le vendredi, il sera forcément tenté de ne pas le faire. Ce soir-là, préférez donc : un apéro qui dure des heures en terrasse avec votre meilleur ami, une soirée ciné en couple, un dîner en famille. Ca fait du bien, hein ... ?

- Le samedi, c’est repos. Contrairement à tous ces quidams qui la jouent « Saturday night fever » dans le monde entier, les Parisiens ne sortent JAMAIS le samedi. Ils bossent, se reposent, boivent des cafés, font du shopping, voient enfin leurs enfants, traînent au lit, et le soir, c’est dîner pépère, en couple ou entre amis, voire DVD en solitaire. Ils peuvent aussi partir en week-end, bien sûr. En tous les cas, le samedi est un jour où les névroses se reposent, les impératifs aussi, et peut-être le seul de la semaine où les Parisiens s’écoutent et se laissent aller.


Voilà, vous êtes parés pour votre semaine.

Et pour savoir quoi faire le dimanche, c'est ici.


Mise à jour le Lundi, 08 Février 2010 21:39
 

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