Définition
LE LOOK DES PARISIENS, part 2 Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Lundi, 18 Janvier 2010 10:34

 


Ah, le look des Parisien(ne)s ... La semaine dernière, nous avons brossé à grands traits les généralités modesques de la Parisienne de base (voir ici). Aujourd'hui, étudions de plus près ses looks types, ainsi que ceux de son homme. Stay on the scene, like a fashion machine.  

Réalisé en collaboration avec Johanna Postillon, styliste et journaliste mode.

 

 

 

LA PARISIENNE DU XXI° SIÈCLE :

BOBO, BCBG, ROCK, TROIS TENDANCES LOURDES


Si des centaines de looks existent, plus ou moins heureux (punk, emo, gothique, no-look, néo-baba, alter, girly, androgyne, fluokid, ultra preppy ...), trois grandes familles de styles se disputent le haut du pavé parisien. Sachant que certaines petites malines - suivez mon regard - valsent joyeusement entre les trois selon leur humeur et l'occasion.


- La Bobo, notre clodotte de luxe

Insupportablement galvaudée et employée à toutes les sauces, la notion de "bourgeois-bohème" a pourtant diablement sa place dans la ville lumière. La Bobo parigote, plutôt localisée dans le centre de Paris (2e, 3e, 4e) ainsi qu'à St Germain, Valmy, Bastille et Montreuil, aime les "belles matières qui ont vécu". Patinées bien que neuves, anciennes bien que coûtant un bras, ses fringues sont comme des oripeaux de luxe, criant au monde son amour de l'Histoire, son immense culture, son attachement au passé. C'est d'ailleurs pour ça que la bobo aime la vaisselle en bois qui coûte un oeil ou les bars faussement vieillots et branchés à mort (Jeannette, La Perle). Ses godillots usés lui ont coûté 600 € chez Zadig & Voltaire (photo), son mini-pull tricoté par mamie vient de la dernière collection Isabelle Marant, et elle donnerait son âme contre un shopping illimité chez Martin Margiela. Offrez-lui un gros bonnet Dior et elle vous épousera.


- La BCBG, classique et classieuse

Bon chic bon genre ou beau cul belle gueule, la BCBG parisienne est un trésor de la capitale. Nous ne rentrerons pas dans le cliché naphtaliné de la mère de famille catho à serre-tête en velours et veste matelassée, puisque nous traitons dans ce livre des Parisiens un tant soit peu dans le coup. Nos BCBG à nous se croisent dans le 16e bien sûr, le 7e, le 6e et Neuilly. Elles sont évidemment classiques, mais lisent le ELLE, Vogue et L'Officiel religieusement. Elles adorent la mode et traduisent cette passion par des virées chez Dior, Yves Saint Laurent ou Chanel quand elles sont riches, ou Maje, Paul & Joe ou Sandro quand elles le sont un peu moins (et qu'elles sont jeunes). Pour se rendre chez le coiffeur (le plus souvent possible) ou en shopping (idem), elles prennent leur Mini, enfilent quelques kilos d'or et portent leur dernier sac Bottega Venetta (photo). Coup de bol ou génétique, elles sont souvent jolies, et ont appris très tôt à prendre soin d'elles. Des petits bijoux, donc.


- La glam' Rock, ou l'élégance sauvage

Ma préférée. Depuis quelques années, elle envahit Paris sans faiblir. Parisienne avant tout, elle garde les principes de base avec son slim et ses ballerines, sa "propreté" et ses goûts de luxe, mais trashe un peu le tout avec son perfecto (photo), quelques coups de canif dans le jean, une ou deux chaînes et une coiffure "je sors du lit". Elle aime les bottes de motarde, les t-shirts loose dégoulinants, les collants flashy sous une mini ou un short, et trimballe toujours une besace oversize. Son maquillage est fort : smoky eyes chargées ou bouche rouge, elle gère l'équilibre. Sur ses cheveux longs et raides, souvent frangés, elle aime poser des chapeaux d'homme. Ses boutiques préférées sont autant Zara et H&M que The Kooples ou Noir Kennedy. Pour le luxe, c'est Givenchy et Balmain. Elle aime aussi les t-shirts de groupes de rock mais fait bien gaffe à ne pas tomber dans le cliché.


◊ LE PARISIEN, LOOKÉ MAIS MOINS BARRÉ


Parce que l'Humanité est ainsi faite, le Parisien est bien moins psychopathe du placard que sa femme. Enfin, en général. Même si, avouons-le, on trouve à Paris la plus grande concentration française de garçons attentifs à leur look. Parce qu'ils bossent dans la mode, le cinéma ou le spectacle, parce qu'ils sont dandy, séducteurs ou gays, parce qu'ils sont contaminés par l'ambiance modasse qui plane sur la Ville, ils seront plus souvent attentifs à la marque de leur chemise que leurs cousins de Besançon, Arles ou Limoges.

D'une manière, générale, les hommes voient les fringues comme des uniformes, à adopter selon les circonstances : le costard pour le bureau (avec ses éternelles chaussures Church), l'uniforme jean+t-shirt pour les loisirs, le survêt' pour le bricolage, le short pour le running, etc. Les Parisiens n'échappent pas bien évidemment à cette règle. Mais cela ne les empêchent pas de choisir leur camp selon leurs préférences.

Voici quelques catégories de looks de Parisiens qui sévissent dans la capitale. Vous remarquerez qu'elles sont apparentées aux catégories des Parisiennes, comme quoi, parfois, la vie est bien faite. Et du coup, leurs enfants suivent.


- Le Bobo, un homme à adopter

Vous le croiserez dans le Marais (version hétéro), à Montreuil ou même rive gauche. Fan des matières douces et intemporelles, le Bobo aime le velours, le coton usé, le cachemire. Ses couleurs préférées sont terriennes (marron, gris, blanc, kaki), il abhorre le bling-bling, et adore se lover dans un grand pull tout doux sur un vieux jean confortable (et impeccablement coupé, généralement Levi's). Il aime les t-shirts de marque américaine (Abercrombie, photo)), les chemises Kenzo (vive les fleurs), adore le commerce équitable (ou les polos en coton bio), ose le pantalon en velours côtelé et arpente la ville en Clarks, Veja ou Converse. Une grande écharpe, des bretelles, voire un béret : sur lui, le look papy est transformé par des coupes près du corps et un certain sens de la mode qui le rendent ultra sexy. Même si, bien sûr, il est persuadé de "n'y rien connaître".


- Le BCBG, classique mais irrésistible

Un modèle que vous verrez surtout, évidemment, dans le 16e ou à Neuilly. Eternellement couvert de son trench noir, fatigué du costard Lanvin ou Smalto (qu'il est obligé de porter toute la semaine), notre Parisien bourgeois ne s'intéresse absolument pas à la mode et a fixé une fois pour toutes son look il y a dix ans, le même que ses potes : un jean (Dior ou Diesel), un t-shirt simple (American Apparel ou Zadig & Voltaire), un pull col V ou à capuche (parce qu'il est jeune dans sa tête), des baskets clean (Dior / photo, Gola ou Coq Sportif), et son sacro-saint cheich (qu'il ose parfois en couleur vive, tout fou qu'il est). Dans son placard traînent évidemment une veste militaire et un maillot de bain Villebrequin. S'il n'a aucune imagination mode et ressemble à tous ses clones, le BCBG n'a pas besoin de faire d'effort : tout comme la Parisienne de base en trench, slim et ballerines, il reste élégant dans sa sobriété, et fera toujours craquer sa voisine. C'est dans leurs gènes.


- Le rocker, à croquer

Tout comme sa copine rockeuse, le rocker s'est particulièrement épanoui ces dernières années. Si sa panoplie de base comporte évidemment quelques vieux jeans, deux blousons de cuir et des bottes motardes ou santiags, il peut évoluer entre différents looks. Par exemple, le dandy-rockeur aimera les bagues (têtes de mort en argent / photo), les mini cravates et les jeans très près du corps, voire la moustache et les chapeaux, pour osciller entre punk et classicisme. Le rockeur underground, lui, fera plutôt partie de la tribu chemise à carreaux + barbe explosive. Dans tous les cas, contrairement aux BCBG, ils prendront grand soin de leur look et adoreront faire du shopping (sans trop le dire, bien sûr). Leur délicieuse virilité s'épanouira chez The Kooples, Noir Kennedy, les friperies (avec Kiliwatch en tête) et Zara. Leurs cheveux seront toujours foufous.


Bref, "Paris, capitale de la mode", comme disent ces doux rêveurs d'Américains.

 

Mise à jour le Lundi, 18 Janvier 2010 11:18
 
LE LOOK DES PARISIENS, part 1 Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Mercredi, 06 Janvier 2010 10:48


On a beaucoup écrit sur "Paris, capitale de la mode", ou sur le "chic inimitable des Parisiennes". Pourtant, sorti du cliché improbable de la riche modeuse de l'avenue Montaigne, ne reflétant pas vraiment la réalité, une question nous taraude : comment s'habillent les Parisiens, et bien sûr, les Parisiennes ... ? Voyage au bout de l'armoire, en trois parties. Aujourd'hui, les généralités côté filles. Nous verrons la semaine prochaine leurs looks types (bobo, bcbg et rock), puis les looks des mâles. Du lourd, donc.

Réalisé en collaboration avec Johanna Postillon, styliste et journaliste mode.



Dis-moi comment tu te vêts, et je te dirai qui tu es. Ou plutôt, qui tu veux être. A Paris comme ailleurs, la diversité vestimentaire est de mise, mais il existe quelques grandes familles incontournables de looks, qui s'affrontent sans merci dans les rues telles les Jets et les Sharks dans West Side Story. Principes de base, catégories, do's et dont's, marques incontournables : découvrez les arcanes des dressings locaux, pour le meilleur et pour le pire.


Par logique plus que par galanterie, nous commencerons par nous occuper du cas féminin. Dans notre chère capitale, truffée de boutiques tentatrices, agitée régulièrement par la fashion week, arpentée par des minettes en stilettos, forcément, une certaine frénésie vestimentaire électrise les filles.


- Principes de base : élégance, chic et sobriété


S'il n'existe pas une mais plusieurs Parisiennes au niveau du look, nous pouvons brosser cependant le portrait de la locale de base, en dégageant ses principales caractéristiques, qui la différencient de ses soeurs Françaises ou étrangères.

Ce n'est pas un mythe, la Parisienne est généralement élégante. Chic, et classique. Un peu trop d'ailleurs : contrairement à ses cousines de la côte d'Azur ou ses copines londoniennes, elle ne prend jamais de risque, ne se lance pas, ne traverse jamais en dehors des clous de la mode, sauf - un peu - pour sortir. Cette prudence est le pendant de son regard acéré, qui juge le look des autres avec la clémence d'un faucon affamé.

Elle pousse l'élégance jusque dans sa manière d'être, de se tenir, de parler, et bien sûr de porter le vêtement. Un peu coincée, oui, c'est vrai. Mais ça fait partie du packaging.

Au quotidien, elle porte un jean (slim de préférence), des ballerines ou des escarpins simples, une chemise blanche près du corps ou un pull en cachemire fin, un trench et un sac oversize. Ses couleurs sont neutres : noir, gris, blanc, beige, bleu marine, kaki. Elle n'est pas trop maquillée et ses cheveux sont savamment coiffés-décoiffés ( = j'ai un chignon brouillon soi-disant fait à la va-vite qui m'a en fait pris dix minutes devant la glace avec moult contorsions). Dans sa penderie traîne toujours une belle veste, un pantalon tailleur, une robe sexy mais pas vulgaire, et de la lingerie divine. Elle a la classe, en somme.



Pour devenir une vraie Parisienne du dressing, il existe 10 do's et 10 don'ts à respecter. Simples, je vous rassure, mais attention, vous n'aurez pas le droit à l'erreur - sous peine d'extradition fashion.


◊◊◊ LES DO'S DU LOOK DE LA PARISIENNE :

1. Vénérer les basiques (couleurs neutres, coupes intemporelles, qualité au top)

2. Suivre la mode, mais avec modération (= pas tous les impératifs de la saison, plutôt deux ou trois items soigneusement choisis)

3. Savoir shopper chic chez des marques bon marché  ( = vestes élégantes chez Zara, lingerie dentelle chez Monoprix, collections Jimmy Choo ou Lagerfeld chez H&M ...)

4. Vouer un culte aux chaussures (un des seuls éléments du look où la Parisienne se lâche : hauteurs vertigineuses, couleurs flashy, motifs dingues)

5. Ne jamais, jamais être prise en défaut de look (même pour aller à la boulangerie le dimanche matin)

6. Faire collection des "petites robes noires" (meilleures amies des Parisiennes - ce n'est pas une légende)

7. Au cours de sa vie, acquérir quelques pièces hors de prix à transmettre à sa fille (un sac Chanel, des Louboutin ...)

8. Savoir coudre, tricoter, broder (la Parisienne n'hésite pas à jouer les petites mains pour se concocter des vêtements bien à elle)

9. Oser parfois une pièce excentrique (limite vulgaire, et oui), à condition de la marier avec un look ultra sobre

10. Avoir toujours des cheveux impeccables (la coiffure est la première parure d'une femme, dixit mon arrière grand-mère)


◊◊◊ LES DONT'S DU LOOK DE LA PARISIENNE :

1. Les ongles trop longs (Dieu vous préserve particulièrement de la très longue french manucure), les bijoux d’ongles

2. Le sexy dégoulinant (mini jupe + décolleté + cuissardes + maquillage excessif)

3. Les vêtements trop moulants

4. Les bijoux de sac ou de téléphone portable, les motifs enfantins (Hello Kitty)

5. Le balayage mal fait (comme si vos cheveux étaient rayés par Paul Smith lui-même), les mèches de couleur

6. Les matières cheap (synthétique, lycra ...)

7. L'affichage de marques ultra bling-bling (D&G, monogramme Vuitton ...), ou les t-shirts à message premier degré ("I'm the best")

8. L'accent "caillera" (pensez à My Fair Lady : même Audrey Hepburn a appris à parler élégamment)

9. Le jean taille basse avec un string ficelle qui dépasse (une évidence, mais il faut toujours le rappeler), les piercings (ringard)

10. Le clonage (à trop lire les magazines, on oublie ses goûts -  et ça vaut aussi pour tout ce qui est écrit ici, je ne vous le cache pas)



Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite de ce sujet look :

PART 2 : BOBO, BCBG OU ROCK, les 3 looks de la Parisienne

PART 3 : Les looks du Parisien mâle



Mise à jour le Mercredi, 06 Janvier 2010 12:20
 
ÊTRE PARISIEN(NE), UNE NON ORIGINE Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Vendredi, 13 Novembre 2009 14:23




Ce blog est destiné à décrypter, analyser, aimer et (légèrement) se gausser du Parigot. Mais pour réellement le comprendre ou lui ressembler, avant de savoir comment il sort, mange, s'habille ou se déplace, il faut bien sûr connaître son identité de base. Qui est-il ? D'où vient-il ? ("Formidable robot, des temps nouveaux ..."). Origine, qualités, défauts, névroses ou superpouvoirs, portrait rapide du Parisien et de la Parisienne 100% pur staïle.



Plus complexe encore que l'actuelle définition du socialisme, l'origine du Parisien reste expressément obscure. Je ne parle pas ici d'une origine lutécienne, gréco-romaine ou moyennâgeuse, mais bien du Parisien d'aujourd'hui, des habitants contemporains de la Ville Lumière. Comment définir le Parisien ? Selon quels critères dire d'une personne qu'elle est "parisienne" ? Parce qu'elle est née ici ? Parce qu'elle connaît la Ville par coeur ? Parce que sa famille y a ses terres depuis 1764 ? Que nenni.



Révélation fracassante : LE PARISIEN N'EXISTE PAS. Pas du tout.


Un vrai Parisien, n'est jamais vraiment Parisien. Regardez autour de vous, pensez à vous-même, votre famille, vos amis, votre épicier ou vos collègues : il y a de vrais Parigots là-dedans, mais aucun n'a son certificat Fluctuat Nec Mergitur depuis la nuit des temps. Une fois n'est pas coutume, je vais me prendre pour exemple : née au Maroc (mes parents étaient expats là-bas), d'une famille d'origine jurassienne, je vis ici depuis l'âge de 3 ans. J'ai brièvement vécu en Turquie, en Espagne, aux Antilles et en Corse. Mes parents sont originaires de la charmante petite ville de Lons le Saunier. Mon pharmacien est cambodgien, mon épicier tunisien, mon garagiste ukrainien, mon restaurateur préféré libanais, et je vous épargne la diversité culturelle de mes amis. Pourtant, tout ce petit monde est définitivement Parisien. Alors ? Alors Paris est une merveilleuse toile patchwork, un improbable réseau multiculturel, une salsa dévergondée et surmixée brassant tout et n'importe qui.


Être Parisien, c'est dans la tête. Et surtout dans le coeur.


Après avoir bien réfléchi (ce qui n'est pas chose aisée pour moi), j'en suis venue à une définition double, deux conditions express et sine qua non pour décréter qu'une personne est Parisienne :

1. Vivre à Paris

2. Aimer Paris (et la détester un peu en même temps)

Point barre.

J'aimerais également citer en troisième condition le bon mot d'une de mes amies (Giulia pour ne pas la nommer), qui, quand je lui ai demandé ce qui qualifiait pour elle le Parisien, a répondu flegmatiquement : "1/ Le fait qu’il n’habite pas en province, 2/ Tant mieux pour lui, parce que la province, il ne sait pas où c’est." Ca se passe de commentaires.




--> POUR ALLER PLUS LOIN : QUALITÉS ET DÉFAUTS DU PARISIEN


Pour définir le Parisien, il suffit de scruter et inventorier ses caractéristiques principales, positives comme négatives. Les deux prochaines leçons vous présentent en détails les qualités et défauts du Parisien :

Côté pile, le chic, le dynamisme, la curiosité, la culture, l'adaptation, la sociabilité, l'inventivité et la "teufitude".

Côté face,
le snobisme, le chauvinisme, le stress, la "blasitude", la prétention, l'exigence, l'égoïsme et la "coincitude" (... oui, j'aime bien inventer des mots en "-ude").


Pour les connaître en détails, rendez-vous ici :

LECON N°9 : LES JOLIES QUALITÉS DES PARISIEN(NE)S

LECON N°10 : LES MERVEILLEUX DÉFAUTS DES PARISIEN(NE)S



Bon courage !

Mise à jour le Jeudi, 24 Décembre 2009 09:49
 
LES JOLIES QUALITÉS DES PARISIENS Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Vendredi, 13 Novembre 2009 14:18



Le Parisien, ce mal-aimé, attire la critique comme un romancier branché les éloges : de façon systématique et presque totalement imméritée. Car peste, diantre, sacrebleu, non, le Parisien n'a pas que des défauts ! (qui sont bien entendu détaillés avec force perfidie dans la Leçon N°10 : Les merveilleux défauts des Parisien(ne)s ). Chic, sociable, festif et curieux, l'habitant de la capitale a aussi des qualités. Découvrez lesquelles.


Bien entendu, je vous vois venir. J'entends déjà les esprits chagrins ricaner. Même mon père, qui vit à Paris depuis 30 ans, n'a pas été foutu de trouver une seule qualité potable à ses concitoyens. Pourtant, mon papa est un homme d'intelligence et de culture supérieures. Je vous dis donc à tous : un peu d'impartialité, que diable. Et je défends mon propos.

Le Parisien et la Parisienne, ces astres magnifiques, ont très exactement 8 qualités (si j'en oublie, merci de m'envoyer un mail, je rajouterai, pas de problème). Voici lesquelles :



1. LE CHIC
Définition : "Allure élégante, prestance, aspect gracieux."

Et oui, les Parisiens sont chic. On nous envie dans le monde entier (minimum) notre élégance, cette façon divine que l'on a de s'habiller, se maquiller, parler, se tenir. Oui, les Parisiens sont classieux du dressing. Le Parisien, ou surtout la Parisienne, manque de s'étrangler le foie lorsqu'il ou elle s'aperçoit que non, il n'y a pas de boutique Maje à St Bonnet les Oules, ni même de Paul Smith à Nantes. Demandez à n'importe quel Américain ou Japonais ce qu'évoque pour lui le "chic parisien", et vous le verrez immédiatement tomber en pâmoison tel une midinette adolescente au concert de Tokyo Hotel. Le fait que Coco Chanel ait été une collabo honteuse a été totalement effacé de l'Histoire parce qu'elle a grandement contribué au prestige de la France. C'est dire si l'élégance compte du côté de chez nous. J'aimerais tout de même citer Gilles Martin-Chauffier (rédacteur en chef de Paris-Match), qui, dans son roman "Une vraie Parisienne", écrit ceci : "A 40 ans, les Parisiennes anéantissent le reste du monde. Elles ont trouvé leur coiffure, leur silhouette, leur couturier, leur ton, et elles mènent la chasse à l'âge où les autres encombrent le rayon mémères". Limite, ça me donne très envie d'avoir 40 ans. Je terminerai en disant qu'en fait, le Parisien a tout simplement bon goût. Le problème, c'est qu'il le sait un peu trop.


2. LE DYNAMISME
Définition : "Aptitude de quelqu'un, d'un groupe à agir avec allant et énergie ; qualité de leurs actions ; activité, énergie."

Pour à peu près tous les habitants de la France, et même la plupart des Parisiens eux-même, le problème majeur de la capitale est son stress permanent. Stress que nous aborderons dans les défauts, mais si j'en parle ici, c'est parce qu'une autre de mes amies (Sandrine, pour ne pas la nommer) a très justement remarqué que le Parisien ayant les qualités de ses défauts, Paris était à cause même de son stress une ville extrêmement dynamique. Vous en conviendrez, voir des gens marcher à 8km/h en téléphonant/fumant/râlant et ne pas supporter le moindre blanc dans leur agenda (métro-boulot-expo-apéro-resto-clubbo-dodo), peut bien être qualifié de dynamisme. En revanche, j'ai peut-être une petite réserve par rapport à la définition Larousse ci-dessus : peut-on parler de "qualité de leurs actions" ... ? Allez, je suis de bonne humeur, on va dire oui.



3. LA CURIOSITÉ
Définition : "Qualité de quelqu'un qui a le désir de connaître, de savoir. Désir indiscret de savoir. Besoin de savoir quelque chose."

Oui, oui et oui, le Parisien est curieux. Baigné depuis toujours dans un environnement multiculturel, entouré de gens non clonés, perdu dans l'immensité d'une ville qui change de visage à chaque coin de rue, le Parisien de base apprend à muscler une forte et saine curiosité dès son plus jeune âge. Il se trouve que de toutes façons, s'il veut survivre dans cette cité hostile, il est absolument obligé par la loi d'être ainsi curieux : sinon, comment pourra-t-il tout savoir sur tout avant tout le monde ? Car le Parisien est défricheur ! Il lui faut, sous peine de mort sociale, découvrir avant tout le monde le dernier bar qui tue, avoir lu le dernier roman dont on parlera demain, et écrire une thèse sur chaque news fracassante ou insignifiante venant de naître dans sa ville lumière. Pour pouvoir la critiquer ensuite sur le mode ultra blasé de celui qui "trouvait ça mieux avant" (un sport très pratiqué dans la capitale française).


4. LA CULTURE
Définition : "Enrichissement de l'esprit par des exercices intellectuels. Connaissances dans un domaine particulier."

Alors ça, pardon, vous pouvez tirer à boulets rouges (et bleus et blancs) sur les insupportables habitants de la Capitale, vous pouvez insulter tant que vous le pouvez les pauvres autochtones de la Ville Lumière, mais vous ne leur retirerez pas ça : oui, le Parisien et la Parisienne sont cultivés, bon sang ! Pour la simple et bonne raison qu'ils n'en ont pas le choix, là non plus. Le Parisien n'a en fait aucun mérite à sa culture ... Il en est abreuvé jour et nuit, même s'il s'en fout, même s'il n'en veut pas, même s'il n'y comprend rien. A Paris, on ne peut pas faire trois mètres sans tomber sur un musée, une salle de concerts, une affiche d'expo ou de signature littéraire, une FNAC, une librairie, un monument historique, un disquaire, un centre culturel de n'importe quel pays, un flyer de restaurant exotique, une manif de sans-papier, un militant d'extrême-droite, un épicier d'outre Méditerrannée, un peintre afghan, une boutique tibétaine, un bar brésilien, un ami qui nous parle de la dernière expo du Jeu de Paume, un collègue qui nous vante le dernier Goncourt, ou notre propre mère à genoux devant le centre culturel suédois. Alors le Parisien est, en un sens, pétri de vagues connaissances. Parfois, il fait même semblant d'en savoir plus alors qu'il est seulement informé des gros titres. Souvent, même. Mais ça, on en parlera dans la rubrique "défauts". J'ajouterais avec pertinence (...) que le Parisien est cultivé parce que sinon, il devient la honte de sa Ville. Manquer de culture dans les dîners parisiens, ce serait un peu comme faire le signe de croix dans une synagogue ou rire à un enterrement : une très grave faute de goût. A savoir, le Parisien qui ne "sait" pas quelque chose ne l'avouera jamais : hochant la tête d'un air entendu, répétant ce que dit le voisin ou se taisant comme un résistant en temps de guerre, il arborera une expression impassible, préférant mourir immolé sous la Tour Eiffel que d'avouer son inculture. Il pourra même aller jusqu'à faire un peu d'inutile name-dropping pour faire passer la pilule. Le Parisien aime le name-dropping de noms célèbres plus que sa propre mère. Sauf si celle-ci est célèbre.
En nota bene, j'ajouterais que si le mot "culture" faisait ici référence aux choses de la terre et de la nature, forcément, le Parisien perdrait. Puisqu'il adore les fraises en hiver et ne sait pas ce qu'est une blette. Mais passons.


5. L'ADAPTATION
Définition : Action de s'adapter à quelque chose. Modifier la pensée, le comportement de quelqu'un pour le mettre en accord avec une situation nouvelle, ou modifier quelque chose pour l'approprier à quelqu'un, le mettre en accord avec quelque chose : Adapter son comportement aux circonstances.

Là encore, même avec la pire volonté du monde, vous ne pourrez réfuter le fait que le Parisien s'adapte extrêmement bien aux circonstances de la vie. A peu près pour les mêmes raisons qu'il est obligé d'être curieux ou cultivé, le Parisien vivant dans une cité sans cesse en mouvement, forcé de survivre en milieu über-hostile,  n'a aucune peine à changer de bistrot (qui vient de fermer), de quartier (enfin, quand il y est obligé), de travail (il aime ça, et déteste l'immobilisme), de club (tous les 6 mois, la boîte à la mode devient has-been), de conjoint (à Paris, on n'aime pas trop s'éterniser avec le même amour) ... Le Parisien bouge, le Parisien avance, le Parisien ... est instable, oui, aussi. Mais c'est beau. Quant à son adaptation à l'étranger ou en "province", elle est éclatante : comme le disait très justement une autre de mes amies (Isabelle pour ne pas la nommer) : "Le Parisien hors de Paris veut faire le mec qui s'y connaît, à toutes forces. Genre, je vais t'expliquer comment greffer un cerisier et pourquoi la corrida ça se passe à 5h précises." C'est vrai. le Parisien se croit chez lui partout, expert en tout, et ça fait bien marrer les autres Français. Que le Parisien dénigre, de toutes façons. Dans l'hexagone, on n'est rien qu'une grande famille qui s'aime.


6. LA SOCIABILITÉ
Définition : Qualité de quelqu'un qui est sociable, qui se lie facilement aux autres et avec qui il est agréable de vivre.

Alors bon, certes, en écrivant que le Parisien est sociable, j'ai comme la désagréable impression de me tirer une balle dans le pied, et je vois déjà les mails hystériques des lecteurs de ce blog me criant que le Parigot est tout sauf sociable, que son degré d'amabilité, de liant et d'urbanité avoisine le zéro, et que la mauvaise humeur des habitants de la Capitale est à peu près aussi célèbre que le Sacré Coeur (voire plus). Kamikaze que je suis, je prends pourtant le risque de m'inscrire en faux : pour, encore, les mêmes raisons qu'il est cultivé, ouvert, curieux et adaptable, le Parisien est sociable. Parfaitement. Il vit dans une mégapole de plus de 2 millions d'habitants, avec une densité de 21.000 habitants au km2 ... Et dans sa religion, le réseautage est le premier commandement à respecter, carte de visite en baudrier. Du coup, même s'il ne parle pas à son voisin de palier (une forme de protection, car le Parisien est psychologiquement fragile), il est forcément sociable. D'ailleurs, il ne supporte pas d'être seul (au bureau/au bar/dans son lit) et, comme nous l'avons déjà dit, bourre son planning de rendez-vous de toutes sortes pour ne pas se trouver face à lui-même ou à son psy. Donc, oui, définitivement, le Parisien est ultra sociable. Ce pauvre petit chou solitaire.


7. L'INVENTIVITÉ
Définition : Capacité à innover, à inventer, imagination créatrice.

Imaginez que vous viviez dans une ville qui bouge tout le temps. Imaginez que dans votre environnement immédiat, ne jamais changer de métier est ringard, vouloir garder le même conjoint est illusoire, rester immobile est un total suicide. Ajoutez à cela que face à un monde stressé, guerrier et totalement fou, vous deviez sans cesse avoir des idées pour surnager, vous battre, sortir du lot. Car le Parisien se doit toujours de sortir du lot, le pauvret. Imaginez en plus que chaque jour, des gens tente de vous écraser, vous piquer votre place (au boulot, au parking, dans le lit de votre femme), de vous prouver leur supériorité. Mixez tout cela dans votre cerveau, et représentez-vous votre vie dans ces conditions. Eh bien, dans ces conditions, croyez-moi, vous aussi vous essayeriez d'être inventifs. Avec plus ou moins de succès, mais c'est l'intention qui compte.


8. LA TEUFITUDE (dite aussi : LE CARACTÈRE FESTIF)
Définition : Qui a trait à la fête, réjouissance collective.

Bien sûr, c'est inévitable dans ce chapitre traitant des bons côtés du Parigot pur jus : oui, les Parisiens sont accros à la fête ! Oui, ils y sont même très doués ! Par "fête", je n'entends pas seulement "grosse murgeade en boîte de nuit jusqu'au lever du jour", non. J'entends aussi apéros, dîners mondains, aftershows de concerts, vernissages au champagne, anniversaires dans les bars, restaurants arrosés, boustifailles entre amis, cafés du coin et autres réunion de personnes souhaitant se détendre autour d'un verre, d'une assiette ou d'un sound-system quelconque. Ce côté festif est définitivement l'un de ses atouts principaux, et le distingue de par le monde : si vous êtes Parisien et qu'un pote Américain ou Lorrain vient vous voir à Paris, il attendra expressément de vous que vous le traîniez avec entrain et doigté dans toutes les places-to-be de la capitale, vos secondes maisons. Et si vous allez les voir, eux, à Portland ou Epinal, il s'attendra à ce que vous transformiez sa ville tranquille en un feu d'artifice permanent grâce à l'or magique que vous avez au bout des doigts, voire que vous bâtissiez en une heure un club pointu à la sortie du village voisin. Vous êtes pétillant, vous êtes dansant, vous êtes léger comme une bulle de champagne, vous avez le sens de la teuf, du rire, du loisir éthylique et de la drague, bref : vous êtes festif. C'est votre came. Entretenez ce trésor précieux (par exemple en allant voir la Leçon N°6 : Être Parisien(ne) et clubber, ou la Leçon N°7, Être Parisien(ne) et faire semblant de clubber, les leçons sur les restaurants et autres bras étant bientôt disponibles). Bref, soyez le Carlos du XXI° siècle !



Voilà, vous connaissez maintenant les qualités parisiennes sur le bout du clavier, il ne vous reste plus qu'à les travailler nuit et jour. Pour parfaire votre identité lutécienne, vous vous devez aussi de bosser vos défauts, qui avouons-le, feront de vous un plus parfait Parigot que les qualités : vous les trouverez détaillés à la Leçon N°10 : Les merveilleux défauts des Parisien(ne)s.


Bon apprentissage !

Mise à jour le Jeudi, 24 Décembre 2009 09:52
 
LES MERVEILLEUX DÉFAUTS DES PARISIEN(NE)S Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Vendredi, 13 Novembre 2009 14:10



Je ne sais pas pourquoi, je sens que cette leçon va particulièrement scorer au jackpot de vos coeurs. Le Parisien, cet attachant animal, suscite de par le monde (et surtout la France) d'atroces critiques de son pauvre caractère. Si nous avons pu lister ses côtés positifs dans la leçon précédente (voir la Leçon N°9 : Les jolies qualités des Parisien(ne)s), il est temps désormais de se pencher sur ses défauts. Accrochez-vous, ça va envoyer de la tarte aux pommes. Malgré tout l'amour dont nous sommes capables.



Lorsque j'ai eu l'idée de faire ce blog, étant consciente que, peut-être, je ne détenais pas la vérité universelle sur toute chose, j'ai appelé mes amis au secours. A l'aide d'un petit questionnaire par mail, je leur ai demandé leur opinion sur les habitants de la Ville Lumière. Et bien, vous me croirez si vous voulez, mais la question "Quels sont selon vous les principaux défauts des Parisien(ne)s ?" a particulièrement semblé les exciter. Pas un qui n'ait pas répondu avec une joie perfide sur le sujet. Et, je l'avoue, une certaine justesse.

Les défauts des capitaleux, à l'instar de leurs qualités, sont au nombre de 8. Là encore, si vous trouvez que j'en oublie, n'hésitez pas à m'écrire, je serais ravie de parfaire le tableau. Let's go.




1. LE SNOBISME
Définition : Admiration inconditionnelle pour les manières, les opinions en vogue dans les milieux tenus pour distingués et qui se manifeste par une imitation servile de leur comportement. Admiration artificielle pour tout ce qui est nouveau, à la mode.
Ah oui, évidemment, bien sûr, c'est évident : les Parisien(ne)s sont snobs. A l'affût de la dernière mode, conditionnés par la hype, parfaits petits soldats de la  branchitude, amoureux éternels du must-have, des places-to-be et autres commandements de la société comme-il-faut, les habitants de la Ville ne jurent que par les lois de la mondanité. Ce qui s'oppose, bien sûr, à l'ouverture d'esprit et la curiosité mentionnée dans la leçon précédente. Mais le Parisien est un être complexe pétri de paradoxes. La vraie Parisienne potasse le ELLE, et dans le ELLE, on lui dit que le gris est le nouveau noir, que les bas résilles sont pathétiques, qu'il faut boire des smoothies bio et que si elle ne lit pas le dernier Truc, elle peut immédiatement penser au suicide. Le Parisien lit Libé, fuit les lieux branchouilles pour préférer les underground (ce qui est parfaitement interchangeable, et c'est là que sa naïveté est touchante), préfèrerait être décapité place de la Concorde plutôt que de s'habiller à la Redoute et clame partout qu'il s'y connaît en vins. La liste des snobismes parisiens est impossible à faire ici, parce que 1/ Elle est immensément longue, et 2/ Elle change toutes les semaines. Résumons-la en affirmant qu'il y a des choses qui se font, d'autres qui ne se font pas, que les gourous de la société fashion en dictent les règles, et que tout Parisien qui se respecte y obéit aveuglément en faisant croire que c'est lui qui en a eu l'idée le premier. Complexe ? Non, stupide. Mais délicieux, et extrêmement rassurant.


2. LE CHAUVINISME
Définition : Patriotisme ou nationalisme exclusif, dénigrant systématiquement tout ce qui est étranger au profit d'une admiration inconditionnelle pour ce qui est national.
Attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : le Parisien pur jus ne vote pas extrême-droite ! Non, son chauvinisme à lui, c'est Paris. C'est tellement un pays à ses yeux qu'à l'étranger (voir Leçon N°2 : Être Parisien(ne) à l'étranger ) il ne dit pas qu'il vient de France, mais de Paris. Sa ville, c'est son fils, sa bataille, fallait pas qu'elle s'en aille. Son chauvinisme est tellement exalté qu'il serait prêt à mourir pour la patrie - la patrie n'étant, je vous le répète, pas son pays, mais sa ville. Voire, son quartier... Car, chauvin parmi les chauvins, patriote au carré, cocardier sur-extrémiste, le Parisien défend également une ville dans la ville : son propre arrondissement. Parlez de Belleville à une habitante du XVIème, elle s'étouffera avec ses macarons. Proposez Neuilly à un inconditionnel du Marais ou des quais de Valmy, il ricanera franchement. Mentionnez les Abbesses à un germanopratin, il se jettera illico dans la Seine. Généralement, les Parisiens vouent un amour inconditionnel à leur quartier, qui devient vite une religion. Parfois, ils tentent la délocalisation dans un autre quartier pour flatter leur esprit d'aventure, et là, deux cas de figure : 1. Ils reviennent dans leur ancien chez-eux la queue entre les jambes, 2/ Ils se convertissent à leur nouvel religion tels des Infidèles sous le feu des Croisés pour ne pas perdre la face (un Parisien ne perd jamais la face) et renient avec force leur ancien amour pour chanter les louanges du nouveau.
Quant au chauvinisme classique des Parisiens face à ce qu'ils nomment la "province", il n'est même pas besoin d'en parler tant il est évident. La France n'existe que de temps en temps, en congés ou en week-ends, généralement le temps de réaliser combien elle ne vaut pas Paris. Même si elle est bien mignonne avec ses plages, ses petits villages morts et ses attendrissants produits du terroir qui sentent bizarre.

NDLR : Afin d'être totalement impartiale sur ce post, j'aimerais tout de même préciser que le chauvinisme n'est pas réservé à la capitale. Dites dans n'importe quelle région française que vous êtes Parisien, et vous vous prendrez immédiatement un regard oblique ou des ricanements en pleine face (si vous êtes dans une région chaude, on pourra également vous jeter des pierres ou des chatons morts). En effet, si le Parisien n'aime pas la "province", celle-ci le lui rend bien, l'accusant de tous les défauts mentionnés ici, voire plus. Elle critique son non-sens de la nature et son mode de vie absurde, sans jamais tenter de le comprendre. Comme susdit dans la leçon précédente, dans l'hexagone, on n'est rien qu'une grande famille qui s'aime.


3. LE STRESS
Définition : Agression de l'organisme par un agent physique, psychique, émotionnel entraînant un déséquilibre qui doit être compensé par un travail d'adaptation. Réaction de l'organisme à l'agression subie. Agent qui agresse. Tension nerveuse, contrainte de l'organisme face à un choc (événement soudain, traumatisme, sensation forte, bruit, surmenage). État d'une personne soumise à cette tension.
Le Parisien stressé, un pur exemple de pléonasme. Tout habitant de la France (oui, capitale incluse) vous le sort en tout premier lieu lorsqu'il parle des désavantages flagrants de cette ville. Oui, oui, et oui, le Parisien est monstrueusement stressé. Hystérique même sans cocaïne, il arpente sa vie comme on court un 100 mètres haies, risque la fracture du myocarde à chaque douloureuse minute, se plaint sans cesse de ce "rythme de fou", mais ne ralentit pas. Jamais. Car s'arrêter de courir à Paris, c'est la mort. Toujours overbooké, éternellement survolté, paniqué de l'agenda, l'habitant de la capitale poursuit sa fuite éperdue car le Temps est son ennemi N°1. Il fait rimer "stressé" avec "pressé" et, hélas, n'a pas le choix : nouvelles technologies et compétitivité oblige, son mode de vie ne risque pas de s'arranger avec le temps. Posez-le à la campagne, le silence et la lenteur de vivre le paniqueront mieux qu'une attaque de missiles nucléaires. Le stress est sa drogue, l'adrénaline sa vitamine. Pour lui et ses pairs, c'est naturel. En revanche, c'est très, très fatigant pour les autres.


4. LA BLASITUDE
Définition : Personne qui pense avoir épuisé l'expérience humaine et qui est dégoûtée de tout.
Ouh, mais que les Parisien(ne)s sont blasés ...! C'est l'une de leurs principales caractéristiques, et elle marche main dans la main avec le snobisme. Le Parisien a tout vu, tout fait, tout entendu, et surtout, tout jugé. A noter : il a forcément fait tout cela le premier. L'un de ses adages favoris est d'ailleurs : "C'était mieux avant" (en parlant indifféremment d'un resto, d'un lieu de vacances, voire d'un livre même si celui-ci n'a pas changé d'une ligne, peu importe). Jamais pris en flagrant délit d'ignorance, incapable de se retenir d'avoir un avis définitif sur tout, le Parisien est aussi désabusé de la vie qu'une star dans un grand hôtel de luxe. Il l'exprime d'ailleurs beaucoup (voir la Leçon N°5 : Être Parisien(ne) et s'exprimer ) . Souvent, sa façon de l'exprimer est de râler. Il peste contre tout et tout le monde. Sa mauvaise humeur est un bonheur à observer (sauf quand elle s'adresse à vous). Quand, parfois, à son grand dam, il s'enthousiasme pour quelque chose, c'est parce que ladite chose est 1/ Totalement nouvelle (même la personne qui l'a créée n'est pas encore au courant), et 2/ Totalement hype. mais ça ne dure jamais très longtemps. C'est une question de standing.
Pour pousser la réflexion un peu plus loin (soyons fous), je dirais que cette blasitude, au final, entraîne le Parisien à être cynique (définition : "qui fait fi des conventions sociales et morales"). Quand on est revenu de tout, on ne respecte plus grand chose.
Or, comme me l'a très justement fait remarquer ma copine Clémence : "Existe-t-il plus belle preuve d'intelligence que le cynisme ?". Et, pour étayer son propos, de citer Serge Gainsbourg, l'un des plus fantastiques Parisiens du monde : "Mon écriture cynique n'est pas un genre mais une vision". Oui, les Parisien(ne)s ont souvent des visions. Il serait juste agréable qu'elles soient toutes aussi bonnes que celles de Serge.


5. LA PRÉTENTION
Définition : Attitude de quelqu'un fondée sur une opinion trop avantageuse qu'il a de lui-même. Ce qui, dans quelque chose, reflète la volonté d'en imposer, de montrer une certaine supériorité.
Là, je vous donne un bel os à ronger. Le mot "prétentieux" revient particulièrement dans les bouches pleines de fiel qui crachent sur les habitants de Paris. Et, je l'avoue sans fierté, ils n'ont pas tout à fait tort. Découlant logiquement de son snobisme et de sa blasitude, la prétention est à peu près aussi essentielle au Parisien que son café-croissant du matin. Ils sont les plus élégants, les plus cultivés, les plus beaux et les plus forts de toute la planète (on ne mentionne même pas la France des bouseux, hors-catégorie). Mettez dix personnes de dix régions différentes à une table, laissez-les parler cinq minutes, vous trouverez très facilement qui est le Parisien : plus sûr de lui qu'un Bernard Pivot en cours d'orthographe de CM2, il aura étalé tout ce qu'il sait/sait faire/connaît sur le bout des doigts en 49 secondes 12 centièmes. Même les concurrents directs de la Ville Lumière, les Londoniens et autres New-Yorkais (seules villes supportant à leurs yeux une vague comparaison avec Paris) ne leur arrivent pas à la cheville. Les Parisiens savent tout sur tout, point. Il n'existe pas d'autre population au monde possédant leur degré de savoir-vivre ou d'ouverture au monde. Oui, oui, ouverture au monde, vous savez, le monde qui ne leur arrive pas à la cheville et qu'au fond, ils ne voient pas bien l'intérêt de connaître puisque tout est moins bien ailleurs. Bref, en résumé, Paris a la plus grosse quéquette du monde, et l'a d'ailleurs clairement symbolisé en bâtissant la tour Eiffel.


6. L'EXIGENCE
Définition : Qui est difficile à contenter ; dur, strict. Qui exige beaucoup de soins, d'attentions.
Parce qu'il est persuadé de son bon droit et de son intelligence, le Parisien, je l'avoue de nouveau sans fierté, est en effet assez exigeant. Pour ne pas dire despotique. C'est d'ailleurs souvent comme ça qu'à l'étranger ou en province, avant même d'avoir remarqué sa plaque de voiture ou son accent, on le remarque parmi les autochtones : il n'est jamais content. Le serveur du restaurant ne va pas assez vite, l'hôtel est miteux, la pollution est incroyable dans cette ville (... oui, il ose), les boutiques sont fermées entre midi et deux, la connexion 3G est nulle, les toilettes sont sales, les boites de nuit minables ... La liste des griefs du Parisien en dehors de son territoire est sans fin, mais là où ça devient rigolo (et surtout insupportable), c'est que même dans sa ville chérie, il n'est jamais content ! Tout est bof, voire lamentable. Alors oui, c'est en partie parce qu'il se doit d'être snob et blasé, et nous pouvons aussi mettre son côté râleur sur le compte du stress permanent, mais pas seulement : gâté pourri par sa riche mégapole, habitué à ce que maman-cité accède immédiatement à tous ses désirs, surcouvé par une ville multicadeaux, le Parisien est un  enfant gâté, un fils unique détestable, une petite chatte trop léchée. Ce qui nous entraîne directement à la suite : son égoïsme. 


7. L'ÉGOÏSME
Définition : Attachement excessif porté à soi-même et à ses intérêts, au mépris des intérêts des autres.
J'aurais pu appeler ce défaut "égocentrisme", mais ayant beaucoup de tendresse pour Les Bronzés Font du Ski, je préfère citer la réplique suivante : "Quel est le principal défaut de Bernard ? - Il est égoïste !". Oui, Bernard est parisien, atrocement Parisien. Nous sommes tous des Bernard, mais aussi, apparemment, des enfants de 3 à 7 ans si nous en croyons la définition du mot "égocentrisme" par le Larousse : "Tendance à ne considérer que son point de vue et ses intérêts propres. Indissociation, dans le raisonnement, du point de vue propre et du point de vue d'autrui, qui constitue la caractéristique essentielle de la pensée des enfants de 3 à 7 ans."
Nous voilà bien. C'est vrai : en termes un peu crus, disons que le Parisien ne pense qu'à sa gueule. Malgré sa certitude d'être bien éduqué, malgré les bonnes manières apprises en famille, malgré ses écoles catholiques ou privées, le Parisien dit à peine bonjour ou merci, ne tient jamais la porte à personne (sauf la jolie fille en jupette) et vole les places de parking sous les yeux du premier arrivé sans vergogne. Il annule ses dîners en dernière minute (et encore, quand il pense à le faire), a la flemme d'aider la vieille du 7e à monter ses courses, fait pousser ses dents jusqu'en-dessous du plancher au boulot pour sonner le glas de ses collègues, pourrait tuer de sang-froid pour obtenir un poste-une femme-le dernier sac Chanel en soldes, bref, un animal, une bête, un monstre. Peut-être trouvez-vous que le trait est ici exagéré. Moi aussi. Mais je vous assure, c'est comme ça que nous voient les non-parisiens qui montent à la capitale. Je sais, ça fait turbo-froid dans le dos.


8. LA COINCITUDE (un néologisme explicite)
Définition : / (Bizarrement, je n'ai pas trouvé ce terme dans le Larousse).
Gardons le plus rigolo pour la fin : les Parisien(ne)s sont d'un coincé ...! Tout sauf détendus des chakras ,totalement culs-cousus (j'aime beaucoup cette expression), le Parisien et la Parisienne se veulent dévergondés, spirituels, fous, aventureux, libres, mais soyons francs, ce n'est qu'une piètre façade. Surprotégés par leur petit monde magique, à l'abri de leur périphérique, les Parisiens sont absurdement contractés de la fesse. Chez Castel, au bureau ou dans le bistrot du coin, ils la ramènent comme des porcs ayant trouvé une truffe. (or, chez Castel, on trouve pas mal de truffes) Mais hors de leur territoire habituel (même sans aller loin, ça peut être la rue d'à côté), les voilà taiseux, apeurés, méfiants, et clairement dépourvus de toute spontanéité. J'ai fait du back-pack quelques mois en Asie (... oui, je me la raconte à mort, c'est normal, je suis une sale Parisienne), et croyez-moi, je repérais les Parisiens au premier coup d'oeil. Ils ont peur des araignées, peur de manger quelque chose de sale, peur d'être malade. N'ont pas envie d'aller dans ce bar parce qu'il a l'air mal famé. Ne veulent pas trop parler au monsieur qui porte des dread-locks parce qu'il a l'air bizarre. Sans aller jusqu'au road-trip, emmenez un Parisien dans une soirée parisienne hors de son cercle habituel : le lion prétentieux pourrait magiquement se changer en petite chose bêlante. Et, sans alcool, bon courage pour le dévergonder. Non, c'est un fait, le Parisien n'est pas roots. Le monde extérieur lui fait peur, et plutôt que de l'avouer, sa défense est simple : il n'aime que Paris, alors, pourquoi aller voir trop longtemps ailleurs ?
NDLR : Cette "coincitude anti-roots" concerne, bien entendu, certains arrondissements plus que d'autres. Neuilly, le 7e et le 16e (voire le 15e aussi) peuvent directement se sentir très, très visés. Les 19 et 20e, bien sûr, peuvent se rouler un blaz tranquille, ils ne sont pas trop concernés.
De rien.



Je voudrais terminer ce long post en disant que tout ça, c'est n'importe quoi. Je n'en pense pas un mot. Des habitants de la Creuse (je soupçonne même l'un d'entre eux d'être originaire du Lot-et-Garonne) m'ont mis un flingue sur la tempe et obligée à écrire sous leur abjecte dictée. Je vous demande donc de m'excuser pour cette immonde loghorrée. Et pour vous rassurer, vous propose d'aller consulter la Leçon N°9 : Les jolies qualités des Parisien(ne)s.
Merci de votre compréhension.



NDLR : Toutes les définitions citées sont tirées du dictionnaire Larousse, qui n'est pas le plus mauvais de sa catégorie.


Mise à jour le Jeudi, 24 Décembre 2009 09:55
 
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