POURQUOI CE SITE

Vous vivez sur une autre planète (= au-delà du périphérique) ? Vous venez d’emménager à Paris et observez avec effarement et fascination les mœurs des indigènes ? Ou bien, au contraire, vous êtes un autochtone de la « plus belle ville du monde », et revendiquez votre appartenance avec fierté (d’ailleurs très couleur locale, la fierté) ?

Bienvenue sur lesparisiens.net ! Découvrez dans ce blog les conseils qui vous mèneront pas à pas (... ou pas) dans la peau du parfait habitant de la capitale française. De la façon de 
marcher à celle de s’habiller, des habitudes et attitudes au vocabulaire en passant par les travers et qualités, ainsi que les lieux où mangersortirfaire semblant de sortir, , boire un verre, draguer, shopper, traîner d’un air blasé (très couleur locale également, l’air blasé), apprenez tous les secrets des Parisiens, afin de mieux intégrer cette atterrante et merveilleuse espèce.
A noter, vous pouvez également utiliser ce site pour vous gausser d'eux sans vergogne. Personne ne vous en voudra.

Leçon après leçon, semaine après semaine, découvrez tous les charmes de la vie à Paris, et devenez-en vite addict !

Ou pas.

Bonne lecture ...

Important : aucun Parisien n’a été tué ou maltraité pour la réalisation de ce blog. Il reçoit d'ailleurs presque officiellement le soutien de la Mairie de Paris (nous ne leur en avons pas encore parlé, mais sommes confiants quant à leur accord). Merci de votre compréhension.

PARISIEN, MODE D'EMPLOI
ÊTRE PARISIEN(NE) DANS LES BARS, CAFÉS ET BISTROTS Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Vendredi, 05 Mars 2010 15:46



Les Américains ont leur "diner", les Anglais ont leur pub, les Parisiens ont leur café. En terrasse, au comptoir ou au fond de la salle, à n'importe quelle heure de la journée et pour n'importe quelle occasion, les habitants de la capitale établissent leur résidence secondaire dans bon nombre de bistrots. Vous allez adorer.


Quand un Parisien voyage à l'étranger, souvent, il est frustré. Pour bon nombre de raisons, qui , principalement, se résument bien sûr à une seule : "Ici, ce n'est pas comme à Paris". Parmi ce fatras de frustrations, l'une d'elles tient particulièrement le haut du pavé : "Ici, y a pas de cafés". A Londres, capitale géniale s'il en est, pas de bistrot du coin pratique - "les pubs, ce n'est pas pareil". A Istanbul ou Casablanca, où pourtant les cafés sympas pullulent, autre problème : les femmes n'ont pas vraiment le droit d'être là. En Espagne, à certaines heures de la journée, tout est fermé. Bref, il n'y a qu'en France que le Parigot peut hanter ses chers troquets à toute heure. Sans cela, soyons clairs, il est perdu. Découvrez comment devenir, vous aussi, le roi des bistrots.


Règle N°1 : Vénérez le café

David Lynch adore la France, les Français et Paris. Et comme par hasard, il adore le café aussi (pensez à Dale Cooper dans Twin Peaks, ou à la propre marque de café que Lynch a créé). En France, c'est vrai, on fait un café du tonnerre. Et c'est par là que tout a commencé pour les établissements : sans café, les bistrots n'auraient peut-être jamais vu le jour. Si vous voulez ressembler à un vrai Parisien, mais que vous n'aimez pas le noir breuvage, il va falloir vous forcer, ou faire semblant. Car sinon, ce serait un peu comme vouloir devenir British et détester le thé. Quelle que soit l'heure, dans les bars, si vous ne commandez pas d'alcool, vous devrez déguster un petit noir. Cela fait partie de la panoplie locale, un point c'est tout.


Règle N°2 : Faites comme chez vous, mais restez poli

Les bistrots ne sont pas seulement des endroits où boire un coup, mais aussi et surtout des annexes de votre salon. Voir des copains, travailler sur votre ordinateur, bouquiner, draguer, refaire le monde, rêvasser, assister à un concert, manger, danser, vous mettre une mine, donner un rendez-vous professionnel ... On peut tout faire ou presque dans les bars parisiens. Prenez l'habitude d'y faire plus de choses qu'à la maison, c'est naturel. En revanche, tout en vous considérant comme chez vous, restez bien élevé : le cliché du Parisien hautain et désagréable n’a rien d’enviable.


Règle N°3 : Variez les plaisirs

Ce qui est bien à Paris, contrairement aux petites villes françaises, c'est qu'il existe un nombre incalculable de bistrots. Et qu'ils bougent tout le temps. Du coup, on y voyage, on s'y change les idées, et on passe d'un univers à un autre selon l'humeur ou l'heure de la journée. Le mieux, pour vous familiariser avec ce réseau tentaculaire, sera de les tester au maximum, bien sûr. Veillez à diversifier vos cibles : rades à l'ancienne, bars branchés, bistrots pour déjeuner, cafés terrasses, cafés wifi ... Ne vous enfermez jamais dans un style de bar "préféré", forcez-vous à tout essayer (le Parisien est toujours curieux). De préférence avant tout le monde, bien sûr.


Règle N°4 : Mais trouvez vos QG

Bien sûr, en testant tous ces lieux de perdition, vous allez naturellement élire vos chouchous. Et c'est très bien - un bon Parisien a toujours plusieurs QG, cela lui permet de bien connaître l'équipe, de s'y sentir VIP et d'y avoir ses petites habitudes. Vous devrez choisir ces lieux dans les catégories suivantes : le "café du coin" (non loin de chez vous, pour le café du matin, l'apéro, le quotidien, si possible très typique parigot et un peu vieillot) ; le "bar habituel" (pas trop loin de chez vous non plus mais possiblement plus éloigné, c'est votre bar préféré pour le soir, votre ultra favori, où apéroter jusqu'au bout de la nuit) ; le "café où je bosse" (les Parisiens ayant souvent des métiers indépendants ou créatifs, ils aiment travailler dans les bars, possédant le wifi et des fauteuils confortables, trouvez le vôtre – ça peut d’ailleurs être votre café du coin) ; la "terrasse" (où passer votre vie l'été, et si c'est la même que le "café du coin" ou le "bar habituel", c'est encore mieux) ; le "bar d'hôtel" (les Parisiens adorent les bars d'hôtel de luxe de temps en temps, trouvez votre favori pour un rendez-vous galant), celui "pour la nuit" (c'est-à-dire carrément à 4h du matin) ... Etc.


Règle N°5 : Ayez au moins un point de chute par quartier

Malgré ses petites habitudes (et ses QG, donc), le Parisien est forcément amené à "voyager" dans sa ville. Par conséquent, il lui faut connaître des bars même là où il ne va normalement jamais, afin d'éviter des situations gênantes. Exemple : un contact de travail, ou pire, une "target" amoureuse, lui propose un rendez-vous dans un quartier qu'il ne fréquente jamais (genre Nation ou Cambronne, la zone, quoi), et lui demande où se retrouver. Le bon Parisien répondra-t-il "Je ne sais pas" ? Certainement pas ! Il aura toujours un joker dans sa manche et saura exactement quel bar sympathique pourra les accueillir. Pour acquérir cette science, il vous faudra arpenter les rues (même celles qui ne vous tentent pas), tester encore et encore, et, bien sûr, vous renseigner dans les livres, la presse et les sites web qui en parlent, comme le Figaroscope ou le hors série du Nouvel Observateur "Les 400 lieux branchés de Paris ». Afin de ne jamais être pris en défaut.


Règle N°6 : Ne négligez pas les classiques

Même si tout Parisien qui se respecte fait preuve d'une certaine originalité, vous aurez compris qu'il connaît toujours ses bases. Il vous faut donc vous rendre régulièrement dans les lieux "qui comptent", que ce soit historiquement (Café de la Paix, Brébant, La Coupole, Le Flore ...) ou par effet fashion (Le Charlot, La Perle, Chez Jeannette, Chez Prune, Rosa Bonheur ...). Si un bistrot fait le buzz, libre à vous de faire votre original en ne le fréquentant pas, mais testez le au moins une fois pour ne pas mourir idiot et pouvoir en parler. Autre classique à vénérer : le "vieux rade typique". Le vrai Parisien adore ça. Un comptoir en zinc, des banquettes moleskine, des tables en formica, une vieille odeur de tabac ancrée dans les murs, un plat du jour, une arrière-salle ... Plus c'est vieillot, plus c’est bon.


Règle N°7 : Soyez fanatiques de la terrasse

Un peu comme le Québécois au sortir de l'hiver, le Parisien devient fou dès que le soleil montre un coin de rayon pâle. Dans la ville lumière, la terrasse semble être une religion obligatoire, et quand il ne pleut pas, même s'il fait froid, les tables extérieures sont toujours prises d'assaut. Bien sûr, depuis l'interdiction de fumer dans les lieux publics, le phénomène s'est aggravé. Mais les non-fumeurs sont également atteints de ce syndrome de la terrasse. Il fait si bon déguster un café dans le froid au milieu des pots d'échappement ! Ca, c'est Paris.

 

Cheers !

 

 

 


Mise à jour le Vendredi, 05 Mars 2010 16:05
 
ÊTRE PARISIEN(NE) ET PARENT Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Jeudi, 25 Février 2010 12:24


Vous n'allez pas me croire, mais dans cette ville de malades mentaux qu'est Paris, certains inconscients procréent. Si vous envisagez de tomber dans cette folie, ou si vous avez déjà enfanté, découvrez comment élever de parfaits petits Parigots. Bon courage.


Les Parisiens en couple, un beau jour, comme ça, ont l'idée saugrenue de faire un enfant. Ou pire, plusieurs. Au cœur d’une ville supeuplée, polluée et stressée, loin des maisons avec jardins, des animaux, d'un environnement vert et bleu, ils se reproduisent, et élèvent leurs petits avec courage.


Comment faire des bébés à Paris ?

Côté bébés, le Parisien n'est pas nullipare, non, loin de là. Même si Paris est le département de France qui compte le plus faible nombre moyen d'habitants par ménage (1,88, et je ne sais pas très bien ce que signifie ce 88). Pour être un bon local tout en enfantant, il suffit de respecter quelques règles évidentes, mais très importantes :

1. Faire vos enfants très tard.

2. Faire vos enfants avec différents conjoints (deux étant un minimum, trois si vous êtes vraiment bon). Peut-être même avec un dont vous taisez le nom, ou avec qui "ce n'est pas possible actuellement", pour la petite touche rock'n roll.

3. Faire vos enfants en étant unis par les lois sacrées du mariage (depuis 2006, il y a plus de naissances hors mariage que l'inverse : le Parisien aimant à se démarquer, il ne faudra surtout pas suivre ce mouvement général et vulgaire).

4. Adorer vos enfants, ces petits rois, les gâter à la limite de l'indécence, mais ne jamais avoir le temps de les voir.

Au vu de ces quatre commandements, vous constaterez aisément que, par exemple, Rachida Dati a cartonné dans la conception "parisian staïle" (à part le mariage, mais vu qu'elle a gardé le nom du père secret, c'est tout bon). Autour de vous, vous avez forcément un patron qui vient de féconder sa (jeune) troisième épouse, ou une amie qui a décidé de faire un bébé toute seule avant sa ménopause.

Oui, vous avez aussi des copains qui se marient à un âge décent, se reproduisent avec entrain et semblent vivre un bonheur sans nuage. Il faut toujours quelques exceptions aux règles.

A ajouter pour ce rapide portrait du parfait enfantement parisien : vous pouvez aussi faire votre enfant très, très jeune. Mais dans ce cas précis, être rock star ou actrice est fortement recommandé.



Comment élever des Petits Parisiens pur jus ?

Selon Victor Hugo, l'enfant parisien est "un petit être joyeux", qui "ne mange pas tous les jours et va au spectacle, si bon lui semble, tous les soirs. (…) Il a de sept à treize ans, vit par bandes, bat le pavé, loge en plein air, porte un vieux pantalon de son père qui lui descend plus bas que les talons, un vieux chapeau de quelque autre père qui lui descend plus bas que les oreilles, une seule bretelle en lisière jaune, court, guette, quête, perd le temps, culotte des pipes, jure comme un damné, hante les cabarets, connaît des voleurs, tutoie des filles, parle argot, chante des chansons obscènes, et n'a rien de mauvais dans le cœur." C'est, effectivement, un assez bon portrait de l'adorable monstre que vous allez enfanter ici. Mais comment l’élever ?


1 - Prendre un forfait baby-sitter hebdomadaire (voire une jeune fille au pair)

Le problème d'un couple qui se reproduit dans notre Ville Lumière, c'est qu'il perd dramatiquement une part de son caractère parisien, tel Samson disant adieu à ses cheveux. En effet, comment notre festoyeur sociable préféré compte-t-il garder son rythme de sorties (ou de boulot) avec deux ou trois bébés dans les bras ? Facile : il lui faut de l'argent, ou une petite soeur / cousine / voisine bien aimable, qui viendra garder ses rejetons régulièrement. Le top ? Choisissez un jour fixe, genre le jeudi, réservé à votre couple. Ladite personne aimable (ou grassement payée) viendra toujours ce jour-là, de manière fixe, ainsi le couple sera obligé de sortir. Le mieux étant que vous sortiez très, très souvent – ainsi, vous laisserez vos enfants livrés à eux-mêmes, découvrant la vie, fiers d'avoir des parents mondains. Après, ils pourront écrire un livre pour raconter leur désoeuvrement dans un monde de paillettes et de débauche adolescente, comme Lolita Pille.


2 - Les surgâter

Bien entendu, à Paris, point de petit malheureux jouant dans une arrière-cour avec deux bouts de bois et un élastique. Pour fabriquer de parfaits petits Parigots, il vous faut les pourrir à outrance. N'hésitez pas, d'une part, à les habiller chez Bonpoint (ou Baby Dior), tel le couple Jolie-Pitt, et à faire « le plein de la rentrée » au Bon Marché. Ensuite, il vous faut les couvrir d'une monstrueuse avalanche de cadeaux à Noël et à n'importe quelle occasion cohérente (ou pas), et ce, sans oublier de leur parler des malheureux petits Ethiopiens qui meurent de faim. Car face à l'abondance, pour ne pas en faire de parfaits petits cons, vous les ouvrirez au reste du monde. Afin d'en faire des gens ouverts, généreux et cultivés, et éviter de fabriquer des monstres. Ce qui ne sera pas une mince affaire dans cette ville de dingues.


3 - Les emmener en voyage

Contrairement à beaucoup d'autres petits gnomes, le descendant de l'Homo Parisianus voyage beaucoup. A 12 ans, il a généralement connu les Antilles, le Maroc, les Etats-Unis, La Thaïlande, le Mexique, et connaît le Club Med comme sa propre chambre. Cela fait partie de sa formation. Et de sa future "blasitude", indispensable comme chacun sait à tout habitant de la Capitale qui se respecte.


4 - Les traîner aux expos

Toujours afin de former son jeune esprit à une culture ouverte, vous devez absolument emmener votre enfant dans toutes les expositions artistiques possibles. Et au cirque (où il a peur), et au théâtre (où il s'ennuie), et à l'opéra (où il s'endort), et aux concerts (d'adultes, bien sûr, mais aussi, pourquoi pas, à ceux destinés aux petits, on n'est pas des monstres). Si les voyages ou les fringues Baby Dior sont au delà de votre bourse, les sorties culturelles, elles, sont accessibles à tous, aussi n'aurez vous aucune excuse à élever un inculte. Vous êtes prévenu.


5 - Les blinder d'activités

Ah, les "activités" des petits Parisiens ... ! Une étape importante dans la formation de ces futurs citadins surbookés. Karaté, équitation, danse classique, peinture, piano, anglais, espagnol, hébreu, guitare, théâtre, tennis, poterie, foot, jonglage ... La liste d'occupations est longue, et c'est tant mieux, puisque le but est que votre enfant n'ait pas une minute à lui (et vous non plus, à force de faire le taxi pour tout le monde). L'intérêt ? Qu'il apprenne des choses, certes, voire qu'il s'amuse (pourquoi pas, après tout), mais surtout, qu'il s'habitue à maîtriser un agenda overbooké - aptitude qui lui servira vitalement lors de sa vie d'adulte. Ne lésinez pas, blindez le, c'est un service que vous lui rendez pour l'avenir.


Bon courage, amis parents. Nous comptons sur vous pour façonner les Parisiens de demain !

Mise à jour le Jeudi, 25 Février 2010 12:31
 
ÊTRE PARISIEN(NE) EN SEMAINE Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Lundi, 08 Février 2010 21:19

 

On ne va pas se mentir : si vous souhaitez réellement obtenir votre passeport de la ville, vos semaines risquent d'être sévèrement chargées, compliquées, mouvementées, mais aussi, dieu merci, passionnantes et colorées. Du lundi au vendredi, découvrez tout ce qui fait le sel (et surtout le poivre) du quotidien des habitants de la Ville Lumière. Une fois de plus, bon courage.


Le Parisien, en semaine comme en week-end, a une règle majeure : surbooker son agenda jusqu'à ce qu'il explose. C’est la base de tout.

La journée parisienne se découpe en temps bien définis selon ses activités principales. Bien entendu, nous ferons ici des généralités sans prendre en compte certaines particularités (ex : si vous êtes commerçants, vous ne travaillez pas le lundi mais le samedi, si vous êtes femme au foyer, vous n'allez pas au boulot mais bossez comme une esclave à la maison, si vous êtes publicitaire, vous ne commencez pas vos journées à 8h30 mais à 11h, si vous êtes étudiants, vous ne commencez pas vos journées du tout, etc).


Le café du matin : une délicieuse tradition

En semaine, aussi cliché que cela puisse paraître, vous devrez absolument prendre un café dans un bistrot le matin. Avec ou sans croissant (les Parisiens font attention à leur ligne mais restent de fabuleux épicuriens), avec ou sans clope (ce qui en ce cas vous condamne à la terrasse, et c'est parfait), il est de bon ton de faire un stop entre chez vous et le bureau dans votre « café du coin » pour le premier contact de la journée avec votre ville chérie.

Lors de cet instant magique et privilégié, le mieux est d'être seul. Cela étant, vous avez parfaitement le droit de boire votre café du matin avec votre amour, vos amis ou - parisien à mort - un rendez-vous boulot. J'ai personnellement testé un paquet de "petits-dèjs" avec des attachés de presse, et apparemment, ça n'a rien d'étrange.

Bien entendu, pour faire couleur locale, vous y lirez le journal (Libé ou le Parisien, voire le Monde si vous souhaitez vous la jouer un peu) tout en consultant vos mails (sur iPhone ou Blackberry), et en regardant nonchalamment les passants - pour cela, vous aurez pris soin de vous placer soit en terrasse, soit tout proche de la vitre. Vous êtes motivé ? Alors à vous le sacro-saint zinc, le divin comptoir, bref, la Mecque du bar. Promis, avec un crème, un journal, un Blackberry et le comptoir, vous serez plus Parisien que Bertrand Delanoë lui-même. Bertrand qui d'ailleurs, pratique cette coutume tous les matins au bar en face de l'Hôtel de Ville, comme quoi dans ce bouquin je ne raconte pas que des absurdités sorties de mon cerveau malade.


La "journée au boulot" : une notion bien floue

Dans toute la France voire le monde entier, les gens vont au boulot dans la journée (sauf exceptions nocturnes et chômeurs). Comment le Parisien se distingue-t-il, alors, de ses pairs ... ? Facile : il choisit des métiers à l'agenda aléatoire ! Ne supportant pas la routine, la normalité, en un mot la banalité (et aussi, accessoirement, évitant de travailler en usine), le Parisien a su créer un paquet de métiers dits "créatifs" dont l'agenda ne répondait en rien à un pointage quotidien insupportable. Pour être un parfait Parisien, vous devrez donc choisir une profession en free-lance, où vous serez votre propre maître (et pourrez donc totalement choisir vos horaires), ou un métier flexible et virevoltant dans son emploi du temps. Par exemple : comédien, chanteuse, écrivain, peintre, danseuse, cinéaste, graphiste, producteur, politique, entrepreneur, directrice artistique, journaliste, webmaster ... Bref, tout ce que votre oncle (boucher dans l'Oise ou expert-comptable à Moulins) appelle des "métiers de feignants". Ce en quoi il se trompe, car à force de n'avoir ni horaire, ni séparation nette entre loisirs et travail, les Parisiens à métiers créatifs perdent la tête et travaillent en permanence. Je vous dis ça, je sais de quoi de parle, puisqu’on est dimanche, qu’il est 13h17 et que je turbine sur ce livre comme un hamster dans sa roue pendant que les gens normaux se baladent au soleil. Tout va bien.

Vos journées, avec ces métiers, auront donc des horaires étranges, mais seront tout de même ultra remplies. Commencer à bosser tard veut dire finir tard, ne rien avoir de fixe veut dire être ultra disponible, et si vous travaillez où vous voulez, vous jonglerez entre chez vous, un local de boulot, des cafés et 17 rendez-vous différents (dont deux déjeuners) dans la journée. Ou la soirée ...


La soirée parisienne : un marathon divertissant

Après cette journée floue mais éreintante, loin de vous l'idée d'aller vous faire tranquillou un plateau télé avec votre amoureux(se) pour ensuite vous coucher béatement à 22h. Laissez-moi rigoler. Le soir, petits veinards, votre seconde journée commence ! Et je ne parle même pas de celle qui concerne votre maison et vos enfants.

Après le travail, vous allez, dans le désordre : vous faire un vernissage, rejoindre des amis à un apéro, vous coltiner un dîner de boulot et/ou d'amis (souvent, les Parisiens mélangent les deux, comme dans la journée, il n'y a pas vraiment de frontière), faire des retouches sur un travail, prendre un verre avec une copine, aller voir le dernier Tarantino, passer au lancement du roman de votre ami d'enfance, transpirer au concert du groupe de votre ex, enfiler des coupes dans votre club favori, draguer, vous faire draguer, faire l'amour et/ou vous disputer avec votre chéri(e), mater un ou deux épisodes de Big Bang Theory, lire quelques pages d'un super bouquin ... Liste non exhaustive. Je suis fatiguée rien que de l'avoir écrite.




Bon à savoir : les jours-types

Attention, apprentis Parisiens ! Lors de votre semaine locale, même si vous avez compris pouvoir tout faire à foison, sachez qu'il y a quelques règles à respecter, des "do's" et "dont's" selon les jours de la semaine. Démonstration.


- Le lundi et le mardi, contrairement à ce qu’on nous enseigne depuis l’enfance, sont des jours merveilleux. En effet, plus ou moins reposé de son week-end (car le samedi soir, à Paris, on ne sort pas), le Parisien est presque frais et dispo, et sait, surtout, que ces deux premiers soirs de la semaine sont riches en évènements de connaisseur. Car oui, le lundi et le mardi soirs, aussi surprenant que cela puisse paraître à la plèbe, ce sont les meilleurs soirs pour sortir à la parisienne, tout en hypitude et délicatesse ! Généralement, ce sont ces jours-là qu'auront lieu des lancements de clubs (comme le Scopitone en octobre dernier), des avants premières de cinéma (le mardi), des concerts de jeunes groupes prometteurs (au Baron le lundi), du clubbing calme entre vrais habitués (tous les clubs branchés ouvrent en début de semaine et y passent leur meilleure musique), ou même des évènements majeurs (lancement de la tequila Blitz au Cercle) ... Il flotte ces soirs-là une ambiance détendue que partagent les experts avec délectation.


- Le mercredi est un jour plutôt facile à maîtriser, puisque vous pouvez y faire pas mal de choses (dîners entre amis, clubbing, théâtre, restos en amoureux, vernissages de la Fiac ou Paris Photo, etc). Sauf une, formellement interdite : le cinéma. Et oui malheureux, c'est le jour de sorties des films ! Il est donc totalement plouc d'aller au ciné ce soir-là, sous peine de ressembler au commun des mortels et de faire la queue comme des sardines dans des salles vulgairement peuplées. Bien entendu, vous avez le droit, en revanche, d'aller voir la première séance de la journée à 11h du matin : là, non seulement c'est différent, mais en plus, c'est assez classe ("Le dernier Lynch qui sort ce soir ? Ah non, désolée, je l'ai vu ce matin"). Enfin, c'est du moins le dernier recours si vous n'avez pas vu ledit film en avant-première ou en projection privée et/ou presse.


- Le jeudi, c'est l'infarctus-day ! Jour le plus fou de la semaine, le jeudi est généralement surchargé de vernissages, apéros et soirées en tous genres. Les clubs proposent des millions de fêtes (Djs déments, thèmes dingues, évènements surplanétaires type "Le Bal des Vampires" pour les 5 ans du Baron), les galeries se trémoussent en tous sens pour leur openings d'expos, les bars se démènent pour vous attirer en première partie de soirée comme s'ils étaient soudainement devenus des clubs ... Un conseil : évitez soigneusement d'organiser des dîners ce jour-là, même par provocation branchouille. Les gens seront très embêtés de venir au vu de tout ce qu'ils pourraient potentiellement rater, et pourraient vous planter. Deuxième conseil : préparez soigneusement votre feuille de route pour la soirée. Passer d'un vernissage à l'opening d'une boutique pour ensuite enchaîner sur un évènement arty puis deux soirées clubbing plus un anniversaire, ça peut vite devenir compliqué. Mais bon, que voulez-vous, c'est jeudi, c'est la folie.


- Le vendredi est un jour assez bâtard. A cheval sur la semaine et le week-end, on ne sait jamais s'il faut ou non sortir ce soir-là. Généralement, on est déchiqueté par le travail effectué durant la semaine, combiné à toutes les soirées (l'usage étant de sortir 3 soir sur les 4). De plus, si vous avez bien joué votre jeudi soir, vous avez dormi deux heures et envie de vomir au moindre déplacement de votre pauvre tête. Et la fatigue n'est pas le seul problème : sans être aussi ringard que le samedi, le vendredi soir souffre d'une image un peu attendue pour tout ce qui est des sorties. Genre : "C'est férié demain, donc grosse teuf ce soir". Vous connaissez les paradoxes snobisants du Parisien. Si toute la France est tentée de sortir le vendredi, il sera forcément tenté de ne pas le faire. Ce soir-là, préférez donc : un apéro qui dure des heures en terrasse avec votre meilleur ami, une soirée ciné en couple, un dîner en famille. Ca fait du bien, hein ... ?

- Le samedi, c’est repos. Contrairement à tous ces quidams qui la jouent « Saturday night fever » dans le monde entier, les Parisiens ne sortent JAMAIS le samedi. Ils bossent, se reposent, boivent des cafés, font du shopping, voient enfin leurs enfants, traînent au lit, et le soir, c’est dîner pépère, en couple ou entre amis, voire DVD en solitaire. Ils peuvent aussi partir en week-end, bien sûr. En tous les cas, le samedi est un jour où les névroses se reposent, les impératifs aussi, et peut-être le seul de la semaine où les Parisiens s’écoutent et se laissent aller.


Voilà, vous êtes parés pour votre semaine.

Et pour savoir quoi faire le dimanche, c'est ici.


Mise à jour le Lundi, 08 Février 2010 21:39
 
LE LOOK DES PARISIENS, part 2 Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Lundi, 18 Janvier 2010 10:34

 


Ah, le look des Parisien(ne)s ... La semaine dernière, nous avons brossé à grands traits les généralités modesques de la Parisienne de base (voir ici). Aujourd'hui, étudions de plus près ses looks types, ainsi que ceux de son homme. Stay on the scene, like a fashion machine.  

Réalisé en collaboration avec Johanna Postillon, styliste et journaliste mode.

 

 

 

LA PARISIENNE DU XXI° SIÈCLE :

BOBO, BCBG, ROCK, TROIS TENDANCES LOURDES


Si des centaines de looks existent, plus ou moins heureux (punk, emo, gothique, no-look, néo-baba, alter, girly, androgyne, fluokid, ultra preppy ...), trois grandes familles de styles se disputent le haut du pavé parisien. Sachant que certaines petites malines - suivez mon regard - valsent joyeusement entre les trois selon leur humeur et l'occasion.


- La Bobo, notre clodotte de luxe

Insupportablement galvaudée et employée à toutes les sauces, la notion de "bourgeois-bohème" a pourtant diablement sa place dans la ville lumière. La Bobo parigote, plutôt localisée dans le centre de Paris (2e, 3e, 4e) ainsi qu'à St Germain, Valmy, Bastille et Montreuil, aime les "belles matières qui ont vécu". Patinées bien que neuves, anciennes bien que coûtant un bras, ses fringues sont comme des oripeaux de luxe, criant au monde son amour de l'Histoire, son immense culture, son attachement au passé. C'est d'ailleurs pour ça que la bobo aime la vaisselle en bois qui coûte un oeil ou les bars faussement vieillots et branchés à mort (Jeannette, La Perle). Ses godillots usés lui ont coûté 600 € chez Zadig & Voltaire (photo), son mini-pull tricoté par mamie vient de la dernière collection Isabelle Marant, et elle donnerait son âme contre un shopping illimité chez Martin Margiela. Offrez-lui un gros bonnet Dior et elle vous épousera.


- La BCBG, classique et classieuse

Bon chic bon genre ou beau cul belle gueule, la BCBG parisienne est un trésor de la capitale. Nous ne rentrerons pas dans le cliché naphtaliné de la mère de famille catho à serre-tête en velours et veste matelassée, puisque nous traitons dans ce livre des Parisiens un tant soit peu dans le coup. Nos BCBG à nous se croisent dans le 16e bien sûr, le 7e, le 6e et Neuilly. Elles sont évidemment classiques, mais lisent le ELLE, Vogue et L'Officiel religieusement. Elles adorent la mode et traduisent cette passion par des virées chez Dior, Yves Saint Laurent ou Chanel quand elles sont riches, ou Maje, Paul & Joe ou Sandro quand elles le sont un peu moins (et qu'elles sont jeunes). Pour se rendre chez le coiffeur (le plus souvent possible) ou en shopping (idem), elles prennent leur Mini, enfilent quelques kilos d'or et portent leur dernier sac Bottega Venetta (photo). Coup de bol ou génétique, elles sont souvent jolies, et ont appris très tôt à prendre soin d'elles. Des petits bijoux, donc.


- La glam' Rock, ou l'élégance sauvage

Ma préférée. Depuis quelques années, elle envahit Paris sans faiblir. Parisienne avant tout, elle garde les principes de base avec son slim et ses ballerines, sa "propreté" et ses goûts de luxe, mais trashe un peu le tout avec son perfecto (photo), quelques coups de canif dans le jean, une ou deux chaînes et une coiffure "je sors du lit". Elle aime les bottes de motarde, les t-shirts loose dégoulinants, les collants flashy sous une mini ou un short, et trimballe toujours une besace oversize. Son maquillage est fort : smoky eyes chargées ou bouche rouge, elle gère l'équilibre. Sur ses cheveux longs et raides, souvent frangés, elle aime poser des chapeaux d'homme. Ses boutiques préférées sont autant Zara et H&M que The Kooples ou Noir Kennedy. Pour le luxe, c'est Givenchy et Balmain. Elle aime aussi les t-shirts de groupes de rock mais fait bien gaffe à ne pas tomber dans le cliché.


◊ LE PARISIEN, LOOKÉ MAIS MOINS BARRÉ


Parce que l'Humanité est ainsi faite, le Parisien est bien moins psychopathe du placard que sa femme. Enfin, en général. Même si, avouons-le, on trouve à Paris la plus grande concentration française de garçons attentifs à leur look. Parce qu'ils bossent dans la mode, le cinéma ou le spectacle, parce qu'ils sont dandy, séducteurs ou gays, parce qu'ils sont contaminés par l'ambiance modasse qui plane sur la Ville, ils seront plus souvent attentifs à la marque de leur chemise que leurs cousins de Besançon, Arles ou Limoges.

D'une manière, générale, les hommes voient les fringues comme des uniformes, à adopter selon les circonstances : le costard pour le bureau (avec ses éternelles chaussures Church), l'uniforme jean+t-shirt pour les loisirs, le survêt' pour le bricolage, le short pour le running, etc. Les Parisiens n'échappent pas bien évidemment à cette règle. Mais cela ne les empêchent pas de choisir leur camp selon leurs préférences.

Voici quelques catégories de looks de Parisiens qui sévissent dans la capitale. Vous remarquerez qu'elles sont apparentées aux catégories des Parisiennes, comme quoi, parfois, la vie est bien faite. Et du coup, leurs enfants suivent.


- Le Bobo, un homme à adopter

Vous le croiserez dans le Marais (version hétéro), à Montreuil ou même rive gauche. Fan des matières douces et intemporelles, le Bobo aime le velours, le coton usé, le cachemire. Ses couleurs préférées sont terriennes (marron, gris, blanc, kaki), il abhorre le bling-bling, et adore se lover dans un grand pull tout doux sur un vieux jean confortable (et impeccablement coupé, généralement Levi's). Il aime les t-shirts de marque américaine (Abercrombie, photo)), les chemises Kenzo (vive les fleurs), adore le commerce équitable (ou les polos en coton bio), ose le pantalon en velours côtelé et arpente la ville en Clarks, Veja ou Converse. Une grande écharpe, des bretelles, voire un béret : sur lui, le look papy est transformé par des coupes près du corps et un certain sens de la mode qui le rendent ultra sexy. Même si, bien sûr, il est persuadé de "n'y rien connaître".


- Le BCBG, classique mais irrésistible

Un modèle que vous verrez surtout, évidemment, dans le 16e ou à Neuilly. Eternellement couvert de son trench noir, fatigué du costard Lanvin ou Smalto (qu'il est obligé de porter toute la semaine), notre Parisien bourgeois ne s'intéresse absolument pas à la mode et a fixé une fois pour toutes son look il y a dix ans, le même que ses potes : un jean (Dior ou Diesel), un t-shirt simple (American Apparel ou Zadig & Voltaire), un pull col V ou à capuche (parce qu'il est jeune dans sa tête), des baskets clean (Dior / photo, Gola ou Coq Sportif), et son sacro-saint cheich (qu'il ose parfois en couleur vive, tout fou qu'il est). Dans son placard traînent évidemment une veste militaire et un maillot de bain Villebrequin. S'il n'a aucune imagination mode et ressemble à tous ses clones, le BCBG n'a pas besoin de faire d'effort : tout comme la Parisienne de base en trench, slim et ballerines, il reste élégant dans sa sobriété, et fera toujours craquer sa voisine. C'est dans leurs gènes.


- Le rocker, à croquer

Tout comme sa copine rockeuse, le rocker s'est particulièrement épanoui ces dernières années. Si sa panoplie de base comporte évidemment quelques vieux jeans, deux blousons de cuir et des bottes motardes ou santiags, il peut évoluer entre différents looks. Par exemple, le dandy-rockeur aimera les bagues (têtes de mort en argent / photo), les mini cravates et les jeans très près du corps, voire la moustache et les chapeaux, pour osciller entre punk et classicisme. Le rockeur underground, lui, fera plutôt partie de la tribu chemise à carreaux + barbe explosive. Dans tous les cas, contrairement aux BCBG, ils prendront grand soin de leur look et adoreront faire du shopping (sans trop le dire, bien sûr). Leur délicieuse virilité s'épanouira chez The Kooples, Noir Kennedy, les friperies (avec Kiliwatch en tête) et Zara. Leurs cheveux seront toujours foufous.


Bref, "Paris, capitale de la mode", comme disent ces doux rêveurs d'Américains.

 

Mise à jour le Lundi, 18 Janvier 2010 11:18
 
LE LOOK DES PARISIENS, part 1 Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Mercredi, 06 Janvier 2010 10:48


On a beaucoup écrit sur "Paris, capitale de la mode", ou sur le "chic inimitable des Parisiennes". Pourtant, sorti du cliché improbable de la riche modeuse de l'avenue Montaigne, ne reflétant pas vraiment la réalité, une question nous taraude : comment s'habillent les Parisiens, et bien sûr, les Parisiennes ... ? Voyage au bout de l'armoire, en trois parties. Aujourd'hui, les généralités côté filles. Nous verrons la semaine prochaine leurs looks types (bobo, bcbg et rock), puis les looks des mâles. Du lourd, donc.

Réalisé en collaboration avec Johanna Postillon, styliste et journaliste mode.



Dis-moi comment tu te vêts, et je te dirai qui tu es. Ou plutôt, qui tu veux être. A Paris comme ailleurs, la diversité vestimentaire est de mise, mais il existe quelques grandes familles incontournables de looks, qui s'affrontent sans merci dans les rues telles les Jets et les Sharks dans West Side Story. Principes de base, catégories, do's et dont's, marques incontournables : découvrez les arcanes des dressings locaux, pour le meilleur et pour le pire.


Par logique plus que par galanterie, nous commencerons par nous occuper du cas féminin. Dans notre chère capitale, truffée de boutiques tentatrices, agitée régulièrement par la fashion week, arpentée par des minettes en stilettos, forcément, une certaine frénésie vestimentaire électrise les filles.


- Principes de base : élégance, chic et sobriété


S'il n'existe pas une mais plusieurs Parisiennes au niveau du look, nous pouvons brosser cependant le portrait de la locale de base, en dégageant ses principales caractéristiques, qui la différencient de ses soeurs Françaises ou étrangères.

Ce n'est pas un mythe, la Parisienne est généralement élégante. Chic, et classique. Un peu trop d'ailleurs : contrairement à ses cousines de la côte d'Azur ou ses copines londoniennes, elle ne prend jamais de risque, ne se lance pas, ne traverse jamais en dehors des clous de la mode, sauf - un peu - pour sortir. Cette prudence est le pendant de son regard acéré, qui juge le look des autres avec la clémence d'un faucon affamé.

Elle pousse l'élégance jusque dans sa manière d'être, de se tenir, de parler, et bien sûr de porter le vêtement. Un peu coincée, oui, c'est vrai. Mais ça fait partie du packaging.

Au quotidien, elle porte un jean (slim de préférence), des ballerines ou des escarpins simples, une chemise blanche près du corps ou un pull en cachemire fin, un trench et un sac oversize. Ses couleurs sont neutres : noir, gris, blanc, beige, bleu marine, kaki. Elle n'est pas trop maquillée et ses cheveux sont savamment coiffés-décoiffés ( = j'ai un chignon brouillon soi-disant fait à la va-vite qui m'a en fait pris dix minutes devant la glace avec moult contorsions). Dans sa penderie traîne toujours une belle veste, un pantalon tailleur, une robe sexy mais pas vulgaire, et de la lingerie divine. Elle a la classe, en somme.



Pour devenir une vraie Parisienne du dressing, il existe 10 do's et 10 don'ts à respecter. Simples, je vous rassure, mais attention, vous n'aurez pas le droit à l'erreur - sous peine d'extradition fashion.


◊◊◊ LES DO'S DU LOOK DE LA PARISIENNE :

1. Vénérer les basiques (couleurs neutres, coupes intemporelles, qualité au top)

2. Suivre la mode, mais avec modération (= pas tous les impératifs de la saison, plutôt deux ou trois items soigneusement choisis)

3. Savoir shopper chic chez des marques bon marché  ( = vestes élégantes chez Zara, lingerie dentelle chez Monoprix, collections Jimmy Choo ou Lagerfeld chez H&M ...)

4. Vouer un culte aux chaussures (un des seuls éléments du look où la Parisienne se lâche : hauteurs vertigineuses, couleurs flashy, motifs dingues)

5. Ne jamais, jamais être prise en défaut de look (même pour aller à la boulangerie le dimanche matin)

6. Faire collection des "petites robes noires" (meilleures amies des Parisiennes - ce n'est pas une légende)

7. Au cours de sa vie, acquérir quelques pièces hors de prix à transmettre à sa fille (un sac Chanel, des Louboutin ...)

8. Savoir coudre, tricoter, broder (la Parisienne n'hésite pas à jouer les petites mains pour se concocter des vêtements bien à elle)

9. Oser parfois une pièce excentrique (limite vulgaire, et oui), à condition de la marier avec un look ultra sobre

10. Avoir toujours des cheveux impeccables (la coiffure est la première parure d'une femme, dixit mon arrière grand-mère)


◊◊◊ LES DONT'S DU LOOK DE LA PARISIENNE :

1. Les ongles trop longs (Dieu vous préserve particulièrement de la très longue french manucure), les bijoux d’ongles

2. Le sexy dégoulinant (mini jupe + décolleté + cuissardes + maquillage excessif)

3. Les vêtements trop moulants

4. Les bijoux de sac ou de téléphone portable, les motifs enfantins (Hello Kitty)

5. Le balayage mal fait (comme si vos cheveux étaient rayés par Paul Smith lui-même), les mèches de couleur

6. Les matières cheap (synthétique, lycra ...)

7. L'affichage de marques ultra bling-bling (D&G, monogramme Vuitton ...), ou les t-shirts à message premier degré ("I'm the best")

8. L'accent "caillera" (pensez à My Fair Lady : même Audrey Hepburn a appris à parler élégamment)

9. Le jean taille basse avec un string ficelle qui dépasse (une évidence, mais il faut toujours le rappeler), les piercings (ringard)

10. Le clonage (à trop lire les magazines, on oublie ses goûts -  et ça vaut aussi pour tout ce qui est écrit ici, je ne vous le cache pas)



Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite de ce sujet look :

PART 2 : BOBO, BCBG OU ROCK, les 3 looks de la Parisienne

PART 3 : Les looks du Parisien mâle



Mise à jour le Mercredi, 06 Janvier 2010 12:20
 
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